Depuis la promulgation de la loi EGALIM en 2018, la question de la proximité et de l’agriculture biologique dans la restauration collective s’est fortement intensifiée. Illustration en Bourgogne-Franche-Comté.Depuis 2018, la loi EGALIM impose aux établissements publics une part minimale de produits durables et de qualité dans la restauration collective, avec notamment un objectif de 50 % de produits issus de filières durables, mais la région Bourgogne-Franche-Comté a décidé d'aller plus loin, en visant 75 % de produits locaux et biologiques dans les cantines de ses lycées d'ici à 2028.
Une ambition portée par Marie-Guite Dufay, présidente de la région, qui a affirmé lors du bilan de l'expérimentation : « Notre région doit devenir un modèle de l'alimentation durable pour la jeunesse, en soutenant nos agriculteurs et en offrant une alimentation de qualité aux élèves. »
Dans 21 lycées
Depuis 2023, la Région Bourgogne-Franche-Comté a lancé une vaste expérimentation dans 21 lycées répartis entre Dijon et Besançon, avec pour objectif d'accroître la part de produits locaux et bio dans leurs menus. Ce projet vise à répondre à plusieurs enjeux : soutenir l'agriculture régionale, améliorer la qualité de l'alimentation des lycéens, et favoriser la relocalisation des circuits courts. Selon Marie-Guite Dufay, « en deux ans, la part des produits locaux et bio est passée de 34 % à 43 %, malgré un contexte d'inflation et de hausse des prix alimentaires (en partie dû à la guerre en Ukraine NDLR). »
De son côté, la Région facilite l'accès aux marchés publics en identifiant les producteurs et en les accompagnant. La mise en relation directe entre les lycées et les producteurs via un catalogue de produits adaptés est également un levier. « Répondre à un marché public, administrativement, c'est lourd. Je n'ai pas de personnel dédié à cette fonction-là », témoigne Nicolas Viprey, secrétaire général du lycée Jules Haag, à Besançon, chargé de la gestion de restauration scolaire. « Nous souhaiterions bénéficier d'assouplissements en matière de commandes publiques, notamment la possibilité d'introduire des critères discriminants géographiques pour favoriser l'achat local », poursuit-il.