La loi Duplomb, adoptée par l'Assemblée nationale le 8 juillet 2025 dans un contexte de tension entre développement agricole, protection de l'environnement et principes de précaution, visait à moderniser certaines pratiques agricoles en France, notamment en autorisant à nouveau l'utilisation de pesticides controversés.
Cependant, la décision du Conseil constitutionnel mardi, considérée par beaucoup comme une victoire pour la santé et la biodiversité, a été perçue comme une défaite par d'autres acteurs du monde agricole. Océane Godard, députée PS de Côte-d'Or, exprime un soulagement face à cette censure, soulignant que « C'est une victoire pour la santé humaine et environnementale et un soulagement pour les millions de Français qui se sont mobilisés depuis le début de l'été contre cette loi, notamment en signant la pétition sur le site de l'Assemblée nationale ». Une pétition a rassemblé deux millions de Français sur un corps électoral de 50 millions de personnes. « Cela représente 4% des électeurs qui ont fait peut-être basculer la décision du Conseil constitutionnel qui s'appuie sur la charte de l'environnement », constate Jacques de Loisy, président de la chambre d'agriculture de Côte-d'Or. « Mais dans ce cas-là, si la charte de l'environnement peut censurer l'acétamipride, cette décision devrait s'appliquer à tous, pourquoi ne s'applique-t-elle pas aussi aux particuliers ? », s'indigne-t-il.
De son côté, René Lioret, député de Côte-d'Or et délégué départemental du Rassemblement National, voit dans cette décision une « incohérence » et un « vote sous pression », accusant la justice constitutionnelle de se laisser influencer par des groupes écologistes. Pour ce dernier, cette censure représente une atteinte à la souveraineté des choix agricoles français, qui doivent s'appuyer sur des études scientifiques et non sur des considérations idéologiques.