Contrairement aux agriculteurs auxquels on ne demande pas d'abaisser mais de stabiliser leurs prélèvements, le plan Eau présenté il y a tout juste deux ans impose aux industriels comme aux ménages de réduire leurs consommations de 10% d'ici à 2030.« Certains industriels sont d'importants consommateurs d'eau propre, celle qui manque le plus lors des épisodes de sécheresse », rappelle Thierry Troudet, directeur général d'Ecolab France. Cette filiale du spécialiste américain centenaire de l'eau industrielle - qui y réalise un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars - est implantée de longue date dans l'Hexagone. Elle y emploie 2000 salariés, sur les 50 000 que compte le groupe, et recrute ses clients aussi bien parmi des entreprises de secteurs traditionnels (matériaux de construction, pneumatiques, engrais, chimie, industrie agro-alimentaire) que des start-up, des gigafactories ou des data centers.
« Notre activité en France s'est développée conjointement à l'évolution de l'industrie », témoigne Thierry Troudet. Si l'industrie agro-alimentaire ou la chimie par exemple souffrent de la concurrence internationale et de la délocalisation, il compte de nombreux clients parmi les nouvelles filières telles que l'hydrogène décarboné, très consommateur d'eau ultrapure pour l'électrolyse, les fertilisants verts, les gigafactories de panneaux solaires, de batteries pour véhicules électriques ou de puces micro-électroniques, ou encore les data centers, dont le mode optimal de refroidissement résulte d'un équilibre subtil entre l'eau et l'énergie.
Dans l'industrie manufacturière, les grands acteurs - Michelin ou Air Liquide par exemple - poursuivent de longue date des efforts d'économies de ressources dans le cadre des politiques RSE exigeantes qu'ils ont élaborées. Le consommateur pourrait lui aussi s'intéresser au sujet lors de ses achats. « Un jour il y aura une sorte d'éco-score sur l'eau, cela deviendra un facteur différenciant », anticipe Thierry Troudet.