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Chronique de François Simon : Girafe se tord le cou ?

François Simon

Publié le 13 octobre 2024 à 03:00

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Chaque semaine, retrouvez la chronique de François Simon, « Chaud devant ».

Chaque semaine, retrouvez la chronique de François Simon, « Chaud devant ».

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N146 ● 19 juillet 2026

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CHRONIQUE CHAUD DEVANT – François Simon a testé le restaurant Girafe, dans le très chic XVIe arrondissement de Paris, donnant sur la Dame de fer. Cuisson ratée, vin hors de prix, accompagnement payant... parenthèse des enfants gâtés.

Après tout, il n'est pas blâmable de voir sa vanité rassasiée le temps d'une montée en ascenseur. Vous êtes dans la magnifique Cité de l'architecture, place du Trocadéro
à Paris, où depuis quelques années officie Girafe, spectaculaire restaurant donnant sur la tour Eiffel. D'où Girafe. Il y avait là, au 9e étage, l'appartement privé du conservateur du musée que l'on libéra (l'appartement) pour en faire la « suite Girafe », ou si vous préférez la réserve VIP de ce restaurant prisé pour une clientèle triée sur le volet. Oserions-nous tenter l'inimaginable ? Inscrire notre carte de crédit, accepter de libérer la table deux heures après notre arrivée, payer 50 euros par personne en cas de « no-show » ?

Ben oui. Nous étions donc là dès 19 heures, endimanché, attendant avec un gros caillot de prétendants l'ouverture des deux restaurants. Le premier en bas, et l'autre - le nôtre, donc - accessible que par ascenseur, mode business class dont on connaît le trouble majestueux d'être ainsi séparé des autres par un cordon, ouvrant l'autre monde, la réserve des Sioux, le paradis artificiel, la parenthèse des enfants gâtés. Après la lente montée vers l'excellence, l'accueil par des jeunes femmes spectaculairement belles, le tournis du cheminement vers les tables, il y eut tout de même un moment de stupeur.

Filet de bar trop cuit, addition salée

Mais où était-elle ? La tour Eiffel ? Derrière nous, un peu décadrée, boulottée par les haies de thuyas, mais bien là, girafant. Il aurait fallu arrêter alors sur cette image le souvenir de cette soirée ; gommer le reste. Le vin au verre servi sans même qu'on y goûte (18 euros les 14 cl) ni même que soit présentée la bouteille ; le filet de bar trop cuit, le filet de bœuf également en version bikini. Au moment de la commande, il fut demandé si l'on voulait un « accompagnement ».

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Bien sûr, mais il fut facturé  : 19 euros une coupelle de linguine avec trois lunules de truffe. Mais l'assemblée avait de l'allant, du plaisir d'être là. Dans ces cas-là, il s'agit d'être chirurgical, fredonner une chansonnette (Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve), mettre le coude sur le dossier du fauteuil du conducteur, embrayer  la marche arrière et, avant même le dessert, quérir l'addition (155 euros). Et prendre un verre ailleurs.

François Simon

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