L'arrivée ou la réouverture d'une Scène nationale dans une grande agglomération est toujours un événement. À Brest, vendredi 19 janvier au soir, c'est une soirée de gala qui sera donnée pour la reprise du Quartz, le plus grand théâtre de Bretagne, après deux ans et demi d'un chantier colossal à 23 millions d'euros. L'équipement flambant neuf fait partie des 77 Scènes nationales, réparties dans des villes moyennes de 50 à 200.000 habitants.
Rassemblant les anciennes maisons de la culture (années 1960), les centres d'action culturelle (à partir de 1967) et les centres de développement culturel (depuis 1975), le réseau a été unifié par un label en 1991. Ces salles de spectacle proposent une programmation pluridisciplinaire, reflétant les courants de la production artistique contemporaine et avec l'objectif de favoriser une action culturelle diversifiée auprès de l'ensemble des publics.
Elles offrent aux artistes comme le danseur et chorégraphe Jérôme Bel, qui présentera vendredi soir et samedi soir, son spectacle inédit Gala, de mener à bien leur travail de création. Si l'ancienne ministre de la Culture Rima Abdul-Malak avait bien noté la soirée sur son agenda, Rachida Dati, qui lui a succédé, a décliné l'invitation. Elle sera évidemment représentée par les services de l'Etat dont le préfet de Bretagne Philippe Gustin.
Mais pour celle qui est aussi la maire du VIIe arrondissement, candidate aux élections municipales à Paris, cette absence constitue, après une défection mercredi aux Biennales internationales du spectacle à Nantes, un autre rendez-vous manqué avec la décentralisation culturelle. Voire avec la scène contemporaine.
Espace scénique de 1.500 places et centre de congrès
Pour autant, même sans ministre, les invités et les collectivités qui ont en partie financé les travaux ne bouderont sûrement pas leur plaisir.
«Entièrement transfiguré par l'architecte Marie-Agnès Leblond (Blond & Roux Architectes), l'équipement, ouvert pour la première fois à la fin des années 80 et devenu Scène nationale en 2001, a bénéficié d'une réhabilitation totale, tant dans ses espaces scéniques ( le grand et le petit théâtre), que dans ceux qui accueillent le public et les espaces de congrès, plus ouverts sur la ville» explique Paul-Jacques Hulot.