Théâtre : Alice Taglioni, la voix des femmes
Armelle Héliot
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Alice Taglioni lors de la seconde représentation de « Vel’ d’Hiv », jeudi au Théâtre Antoine, à Paris.
© PROD
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Alice Taglioni lors de la seconde représentation de « Vel’ d’Hiv », jeudi au Théâtre Antoine, à Paris.
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Sur le plateau du Théâtre Antoine, on repère tout de suite un piano droit, éclairé par une lampe, un tabouret tout simple. De l'autre côté, un bureau et son fauteuil. Entre ces deux lieux définis, une installation légère qui peut faire penser à un studio d'enregistrement. Tout au fond, on devine la façade d'un bâtiment sur lequel se détachent les ombres d'un arbre aux branches dénudées. On a le sentiment d'un espace de travail, ce qui se confirme par un prologue, off, relayant les interrogations de l'équipe artistique et de l'interprète, Alice Taglioni. Comment trouver le juste équilibre : porter la voix de femmes arrêtées lors de la rafle du 16 juillet 1942 sans tomber dans le froid documentaire et sa litanie de chiffres effrayants, sans basculer dans un excès pathétique.
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Le texte de Vel' d'Hiv est signé Sébastien Lévy. L'auteur a travaillé en puisant dans les fonds d'archives, décrets, ordonnances, textes réglementaires, coupures de presse, récits et témoignages prélevés dans des films ou des émissions de radio. Cela donne une forme de kaléidoscope à la représentation. Son unité vient de la manière dont Alex Lutz s'est saisi de ce matériau et de la remarquable interprétation d'Alice Taglioni. Ce n'est pas la première fois qu'au théâtre la tragédie du Vél' d'Hiv est évoquée. On n'oublie pas les spectacles du regretté Philippe Ogouz, notamment La Rafle du Vel d'Hiv, d'après le livre de Maurice Rajsfus.
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