En visite avec Erik Orsenna, écumeur des mers
Aude De Bourbon Parme
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Erik Orsenna avec Vincent Campredon, directeur du musée.
© AMBROISE TEZENAS pour La Tribune Dimanche
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Erik Orsenna avec Vincent Campredon, directeur du musée.
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Regardez, c'est magnifique », s'exclame Erik Orsenna dès son arrivée au musée de la Marine, qu'il arpentait enfant. L'homme, qui a toujours un ouvrage en cours d'écriture, aime partager son amour de la mer. « J'ai commencé à écrire au moment même où j'ai commencé à naviguer, à 8 ans, nous raconte-t-il. Sur la mer, comme sur la page blanche, il n'y a pas de chemin préétabli. On le dessine. Liberté, humilité et obstination. » Vincent Campredon, directeur des lieux et commissaire général de la marine, le rejoint dans le hall du musée où se pressent les visiteurs. Les deux hommes, enthousiastes, se dirigent vers l'exposition temporaire « Objectif mer - L'océan filmé », qui débute au milieu de la collection du musée.
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Mais très vite, des modèles réduits de bateaux les happent. « Imaginez la construction d'un bateau comme celui-ci. Il y a vingt-cinq ans, on m'a demandé de présider le Centre international de la mer à Rochefort, se souvient Erik Orsenna. Comme l'arsenal n'avait pas de bateau, nous avons lancé la création de l'Hermione, réplique du navire de guerre français de la fin du XVIII e [la construction a duré dix-sept ans]. Il a été visité par plus de 4 millions de personnes. » Alors que nous passons devant une maquette de voilier Imoca, l'écrivain sort de sa poche son téléphone portable pour nous montrer avec fierté la photo d'un bateau similaire. « J'y ai navigué au côté de Thomas Ruyant, lance-t-il au directeur. Record du monde ! Vingt-deux nœuds de vent. Tu sais que je continue à faire de la compétition ? » Devant une vitrine, Erik Orsenna regarde avec tendresse une loutre d'Alaska. « C'est une merveille de douceur mais aussi la richesse absolue. Après les avoir décimées pour leur fourrure dans le détroit de Béring, les Russes ont accepté de vendre l'Alaska. Cinq ans plus tard, on y trouvait de l'or », s'amuse le jeune homme de 76 ans. « Nous racontons cela dans Passer par le nord. Isabelle Autissier et moi avons fait du kayak entre les loutres, qui étaient en partie revenues. » En 2013, l'écrivain et la navigatrice parcouraient la route maritime du nord pour penser les enjeux géopolitiques et écologiques de cette région du monde. Huit ans plus tôt, ils voyageaient en Antarctique, récit qu'ils relatèrent dans Salut au Grand Sud. Alors que nous progressons vers notre Objectif mer, Vincent Campredon ne peut s'empêcher de s'arrêter devant des ex-voto. « Vous devez aller à la croix des Veuves à Ploubazlanec, lance Erik Orsenna. J'ai été élevé à regarder revenir, ou pas, les bateaux partis à la pêche à la morue. C'est mon enfance. Les trois quarts des histoires que mon père, officier de marine, me racontait avaient un lien avec la mer. » Nous nous retrouvons alors devant une des peintures de Claude Joseph Vernet représentant l'arsenal de Rochefort. « Ça, c'est chez moi, s'exclame à nouveau l'écrivain. J'y ai passé plus de vingt-cinq ans. C'est ici que fut amarrée l'Hermione. »
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