François-Marie Banier, tout est dans la gaufrette

Anna Cabana
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François-Marie Banier, mercredi au Jardin du Luxembourg à Paris.
© AMBROISE TÉZENAS POUR LA TRIBUNE DIMANCHE

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François-Marie Banier, mercredi au Jardin du Luxembourg à Paris.
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Il nous attend dans la rue. François-Marie Banier ne s'embarrasse pas d'un bonjour, ni de rien d'autre d'ailleurs. « Vous n'avez pas été stupéfaite ? » il interroge, l'œil pressé-pressant. On n'a pas ouvert la bouche que, décidément très impatient, il nous tend une nouvelle perche, plus grosse encore : « Je me suis relu hier, j'étais subjugué. Je suis ahuri par ce qu'Aragon m'a donné, par ce que Nathalie Sarraute m'a donné. Sans vanité, je suis stupéfait. C'est du niveau des Nourritures terrestres ! Il vaut mieux le dire soi-même que d'attendre que ça vienne des autres, non ? » On n'est pas encore entrée dans son atelier que déjà on est au théâtre. L'acteur est impayable, émouvant, insupportable. Et sincère. C'est sans doute ça le plus désarmant. Sa sincérité. Ses contempteurs le tiennent pour un poseur. Si seulement. Ses poses, il y croit plus qu'en lui-même. Il se confond avec elles. Et il finit par vous donner envie d'y croire aussi. « Ce livre est le plus important de ma vie. » La porte se refuse à lui, il se débat avec le code, s'y reprenant à dix fois - sans exagérer... -, ça ne l'agace même pas, il est ailleurs, il est dans... Gide : « Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur », déclame-t-il. Il est tellement sérieux que ce n'est pas drôle. « Et cette ferveur, je l'ai eue tout de suite », poursuit-il.
Anna Cabana