Granville célèbre son 150e carnaval
Mathilde Giard
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Quarante-six chars sont attendus cet après-midi sous les confettis, au tempo des fanfares. Ici, l’édition de février 2023.
© Cécile BALLON/OTGTM
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Quarante-six chars sont attendus cet après-midi sous les confettis, au tempo des fanfares. Ici, l’édition de février 2023.
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Sa Majesté San Treville Ier a reçu officiellement hier samedi les clés de la ville de Granville, dans la Manche, des mains du maire. Il succède jusqu'à mardi à Gémof Trône Ier ou Hippo Campe Ier : le nom de ce monarque en papier mâché fait chaque année un clin d'œil satirique à l'actualité, cette fois-ci une consultation sur le sens de circulation dans cette ville portuaire de la baie du Mont-Saint-Michel. « Moi, j'suis le roi et j'veux du joyeux bazar », revendique le souverain de la 150e édition du carnaval, le seul en France à être classé au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco, depuis 2016.
Quarante-six chars vont défiler cet après-midi sous les confettis, au rythme des fanfares. « C'est une parenthèse un peu sacrée, un défouloir très attendu », commente la présidente du comité d'organisation, Antonina Julienne, professeure de français dont les arrière-grands-parents étaient déjà impliqués dans les préparatifs. Cette jeune mère de famille sera elle-même juchée sur un engin décoré sur le thème de la « carnavalothéra-pie ». Elle et sa bande y enchaîneront des chorégraphies à la Véronique et Davina dans des maillots de bain rétro.
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Parmi les autres véhicules bariolés : des Playmobil et des Barbie délurés, un bateau de pêche à la coque couverte de graffitis irrévérencieux, un fragment de banquise pour dénoncer avec humour le réchauffement planétaire... Mardi, l'éphémère sire San Treville sera jugé et brûlé sur la plage de cette station balnéaire qui se développa après la mise sur rails du Paris-Granville en 1870. Une soirée d'intrigues clôturera cette 150e édition, comme au théâtre, chacun déguisé de façon méconnaissable pour converser dans la rue, les bars, les maisons, où les Granvillais feront salon jusqu'à tard dans la nuit. « L'an dernier, je m'étais travestie en homme et des proches ont mis plus d'une heure à me reconnaître ! s'amuse Antonina Julienne. Si l'intrigue prend bien, on brode des histoires dans lesquelles on essaime des choses que l'on sait sur notre interlocuteur, croisé à la piscine ou collègue de travail... »
Mathilde Giard