Vichy : découverte de la « reine des villes d’eau »
Sylvie Barbier
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Des personnes déguisées à l’occasion des fêtes Napoléon III, en 2016.
© Cindy Michaud
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Des personnes déguisées à l’occasion des fêtes Napoléon III, en 2016.
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La pimpante gare de Vichy, d'où s'échappent de larges avenues, en patte d'oie, donne une idée de la modernité du plan conçu au XIXe siècle. Vichy devait être accessible aux riches buveurs d'eau européens, ainsi en avait décidé l'empereur. Celui que son oncle Napoléon Ier aurait gratifié, alors qu'il était enfant, d'un stimulant : « Tu es un des espoirs de ma race ! »
En ce début d'hiver, l'air est vif, frais, au pied des monts d'Auvergne. Comme un hommage à ce mécène, on a choisi une des cinq chambres de la Maison Decoret, dont la tête de lit pop art représente son visage XXL. Nous sommes déjà dans le centre historique, celui pour lequel il eut un coup de cœur en 1861, décidant sur-le-champ d'en faire un Baden-Baden français. Il fallait que les aristocrates curistes cessent de claquer leurs devises en Allemagne. Est-ce par nostalgie d'une enfance heureuse à Arenenberg, en Suisse, qu'il ordonna l'endigage des rives de l'Allier pour les rendre semblables à celles du lac de Constance ? Sur l'eau d'un gris soyeux, même en hiver, filent les embarcations du Sporting Club, un peu plus loin les guinguettes (Le Chill et Le Mirage) hibernent. À gauche s'étend le parc des Sources, tout en pelouses et en arbres centenaires, dont certains ont été offerts par les délégations étrangères au fil de l'Histoire.
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Deux autres parcs se sont étendus sur les marais asséchés que l'empereur a voulus publics, aérés avec pelouses autorisées pour pique-niquer comme dans le St James's Park londonien. On peut traverser la ville du nord au sud sans quitter la verdure. À pied ou à vélo, comme à l'époque. Tout ce vert discipliné, agrémenté de kiosques à musique, donne aussi à la ville de Vichy un air de dolce vita viennoise. « Je veux un chalet comme en Suisse ! » aurait exigé ensuite le curiste impérial. Six, grands comme des palais, à la fois alpestres, créoles, avec balcons à balustre, dentelles de bois, s'alignent en bordure des parcs, formant encore de nos jours une parade impériale, unique. Partout ailleurs surgissent des palaces, des villas de styles néoflamand, néogothique, Art nouveau (rue Hubert-Colombier) ou so British avec bow-windows (rue Alquié). Un catalogue architectural voulu par le monarque voyageur rendant très éclectique la balade en ville.
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