Le spectacle « Femmes persanes », splendide création de Bartabas pour Zingaro
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Le spectacle « Femmes persanes » au théâtre d’Aubervilliers.
© Hugo Marty
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Le spectacle « Femmes persanes » au théâtre d’Aubervilliers.
© Hugo Marty
Aujourd'hui bannies par l'islamisme obscurantiste qui les condamne à une nuit sans fin, sans éducation ni prérogatives, Afghanes et Iraniennes opprimées hantent Femmes persanes, ultime et splendide création de Bartabas pour Zingaro, la légendaire compagnie équestre qu'il a fondée et qui l'an prochain fêtera ses quarante ans d'existence. Cet hiver, chaque soir, sous les hautes charpentes du théâtre d'Aubervilliers, c'est toute une tribu de femmes et de chevaux qui chante, danse, galope, voltige et guerroie sans relâche. Au nom de la liberté, bien sûr.
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Politique et de toute beauté, mené tambour battant par quatre musiciennes iraniennes, une sorcière bruiteuse et pas moins de douze cavalières à la fois voltigeuses chevronnées et insolentes poétesses, ce spectacle est sans aucun doute celui par lequel Bartabas se situe le plus clairement en résistance. Par sa lumière teintée de mille nuances, son humour cru et sa force chatoyante, avec tact autour d'un miroir d'eau qui se teinte de jasmin ou de sang au gré des situations, Femmes persanes cible l'insupportable asservissement que talibans et mollahs imposent aujourd'hui encore à leurs épouses, leurs mères, leurs filles. Dans ce barnum résolument féministe, envoûtant avec ses joutes enflammées, ses paons blancs et ses ahurissants numéros de capilotraction, les hommes n'entrent en piste que le temps d'un tableau ironique... Il les montre à dos d'ânes récalcitrants, empêtrés entre turbans ridicules et luttes de pouvoir. Au passage, c'est une masculinité trop longtemps triomphante et trop souvent toxique, y compris au sein du milieu équestre, qui est ici dévoilée.
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