JO 2024 sondage exclusif : la sécurité inquiète les Français
Solen Cherrier
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Infographie Pauline Talarn
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Pauline Talarn
La fête sera belle, pas de problème. Sera-t-elle sécurisée comme il se doit ? Le doute s'instille. Si 80 % des Français interrogés par Ipsos pour La Tribune Dimanche ont confiance dans les organisateurs et les pouvoirs publics pour assurer une cérémonie à la hauteur de l'événement, seuls 68 % les estiment capables d'assurer la sécurité du public et des athlètes pendant cette grande parade sur la Seine.
Depuis son lancement, l'initiative - sortir la cérémonie du stade pour la première fois -
suscite de vives réserves. Le pays étant placé en alerte urgence attentat depuis le meurtre d'un professeur à Arras il y a neuf jours, dans un contexte international enflammé par l'attaque terroriste du Hamas en Israël le 7 octobre, l'inquiétude est la norme. De la même manière, les JO d'Athènes en 2004 s'étaient organisés avec la menace post-11-Septembre au-dessus de la tête et l'Euro 2016 en France en plein cœur de la vague d'attentats.
Au fond, la défiance sécuritaire n'est pas massive (seuls 10 % ne font pas du tout confiance). Si elle l'est, c'est plutôt du côté des sympathisants de l'extrême droite (Rassemblement national, Reconquête). « C'est une confiance avec réserve, soupèse Mathieu Gallard, directeur d'étude chez Ipsos. Quand on voit que la sécurité est un gage primordial de la réussite des Jeux, ça signifie qu'on attend de voir. S'il y a le moindre problème, ça risque d'être très mal perçu. » Des Jeux réussis seraient en effet des Jeux sûrs pour plus de la moitié des Français, un critère qui arrive bien devant l'héritage (31 %) et le coût (26 %).
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Autre enseignement du sondage : une lutte des classes se joue en arrière-plan de Paris 2024. Les JO intéressent 72 % des foyers aux revenus aisés, beaucoup moins les autres. Jusqu'à n'intéresser que la moitié des foyers aux revenus modestes. « Ça va à l'encontre de l'idée d'une fête populaire toisée par les élites », note Mathieu Gallard. Constat valable en province comme à Paris. Les prix des places, qui ont fait polémique, ont sans doute donné une désagréable impression d'exclusion des réjouissances faute de moyens. Si des offres à 24 euros ont été commercialisées par les organisateurs, des prix exorbitants ont également été constatés. En pleine crise du pouvoir d'achat, la priorité est de remplir le chariot, pas de se saigner pour voir un deuxième tour de poules de beach-volley.
Solen Cherrier
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