Neuf Européens arrêtés en Iran pour leur rôle dans les manifestations

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Une moto de la police brule lors d'une manifestation  a teheran contre la mort de mahsa amini[reuters.com]
(Crédits : Wana News Agency)

DUBAI (Reuters) - Les forces de sécurité iraniennes ont arrêté neuf ressortissants de pays européens dont la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, les Pays-Bas et la Suède pour leur rôle dans les manifestations qui secouent l'Iran depuis la mort de Mahsa Amini il y a deux semaines, a annoncé le ministère du Renseignement.

Ces neuf personnes, non identifiées, ont été interpellées "pendant des émeutes ou alors qu'elles conspiraient dans l'ombre", a déclaré le ministère dans un communiqué diffusé par les médias iraniens.

Des manifestations ont éclaté dans de nombreuses villes de la République islamique depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne de 22 ans, après son arrestation par la police des moeurs pour port de vêtements "non appropriés".

De révolte contre la condition des femmes en Iran et les abus de la police, la contestation s'est muée souvent en dénonciation du régime théocratique islamique.

La répression des manifestations par les forces de sécurité a fait au moins 52 morts en deux semaines selon Amnesty International.

Dix-neuf personnes dont des membres des forces de sécurité ont été tuées et vingt autres blessées vendredi lors de l'assaut par des "individus armés non identifiés" d'un commissariat de police à Zahedan, dans le sud-est du pays, a déclaré à la télévision nationale le gouverneur de la province du Sistan-et-Baloutchistan.

Les médias d'Etat ont annoncé que le chef des services de renseignement des Gardiens de la révolution pour la province avait été tué lors d'affrontements dans la ville avec des "terroristes".

Des vidéos (dont Reuters n'a pu vérifier l'authenticité) de manifestations à Abadan, une ville pétrolière du Sud-Ouest, ont été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant la foule crier des slogans contre les religieux au pouvoir.

Sur d'autres images postées sur internet, on pouvait entendre des tirs et des manifestants scander "Mort à Khamenei", du nom du guide suprême de la Révolution islamique.

Un imam, Mohammad Javad Haj Ali Akbari, figure du camp conservateur dont les sermons rassemblent un large public à Téhéran, a réclamé vendredi "le châtiment le plus sévère contre ces émeutiers barbares".

(Rédaction de Dubaï, version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Sophie Louet)

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