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La patience des Européens à l'égard de l'Iran s'amenuise

reuters.com  |   |  474  mots
La patience des europeens a l'egard de l'iran s'amenuise[reuters.com]
(Crédits : Heinz-Peter Bader)

BRUXELLES/PARIS (Reuters) - Alors que l'Union européenne se prépare à dévoiler le "véhicule spécial" visant à lui permettre de continuer à commercer avec l'Iran malgré le rétablissement des sanctions américaines, les puissances européennes ont du mal à cacher une exaspération croissante envers le régime de Téhéran.

Les tentatives d'assassinat imputées aux services secrets iraniens l'an dernier en France et au Danemark comme la poursuite des essais de missiles balistiques de la République islamique ont peu à peu amené les capitales européennes à hausser le ton, au risque de mettre en péril les efforts de Federica Mogherini.

La Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère cherche à sauver l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien depuis la décision de Donald Trump d'en retirer les Etats-Unis en mai 2018.

De sources diplomatiques, on souligne que la représentante européenne a demandé aux ministres des Affaires étrangères des Vingt-Huit de retarder la publication, initialement prévue lundi 21 janvier, d'une déclaration commune critiquant les ingérences iraniennes et réclamant l'arrêt des essais balistiques.

Federica Mogherini souhaite que le "véhicule spécial" (SPV) destiné à contourner les sanctions américaines soit opérationnel avant que les Européens ne fassent monter d'un cran la pression sur Téhéran, dit-on de mêmes sources.

"CONSENSUS INTERNATIONAL CROISSANT"

Un responsable européen interrogé par Reuters a nié toute divergence de vue entre Bruxelles et les principaux pays européens concernés - France, Allemagne et Royaume-Uni -, évoquant une simple question de calendrier.

Certains diplomates européens s'inquiètent aussi du fait que des pays d'Europe de l'Est pourraient être tentés d'aller trop loin dans la logique de confrontation avec l'Iran pour faire plaisir à Donald Trump et tenter d'obtenir du président américain des garanties pour leur propre sécurité face à la Russie.

C'est notamment pour cette raison que, selon l'un d'eux, Federica Mogherini n'assistera pas le mois prochain à une conférence sur le Proche-Orient organisée par la Pologne, à laquelle devrait en revanche participer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Le changement de ton des Européens n'a de fait pas échappé aux Etats-Unis, qui s'étaient retrouvés particulièrement isolés lorsque Donald Trump a déchiré l'accord de Vienne, il y a huit mois, et qui ont beau jeu de parler aujourd'hui de "consensus international croissant" sur l'Iran.

"Les Etats-Unis se félicitent des efforts de l'Europe pour contrer le terrorisme de l'Iran sur le sol européen, ses tirs de missiles, ses violations des droits de l'homme et autres menaces", commente un responsable du département d'Etat à Washington.

(Robin Emmott à BRUXELLES et John Irish à PARIS, avec Arshad Mohammed à WASHINGTON; Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)