LGV Toulouse-Bordeaux : "l’État doit clarifier rapidement ses intentions"

Pierrick Merlet

Pierrick Merlet
Le champ juridique est vide pour la réalisation de la LGV Toulouse-Bordeaux. Ce serpent de mer, qui a fait l'objet de multiples recours administratifs, s'est vu rétablir sa Déclaration d'utilité publique (DUP) par la Cour administrative d'appel de Bordeaux à la mi-mars dernier, comme l'avait annoncé exclusivement La Tribune.
Néanmoins, le chemin politique est loin d'être dégagé quant à lui. Les collectivités partenaires de cette infrastructure, à savoir Toulouse Métropole, Bordeaux Métropole, et les Conseils régionaux d'Occitanie et de Nouvelle Aquitaine attendent depuis des mois (voire des années) un rendez-vous avec Bercy et d'autres ministères pour se pencher sur le financement de cette LGV, estimée à un peu moins de 10 milliards d'euros. Un premier rendez-vous, fixé en décembre 2019, a été reporté, tout comme un second, fixé à la mi-mars mais dont le coronavirus a eu raison. Depuis, pas de nouvelle du gouvernement, ce qui agace Carole Delga, la présidente du Conseil régional d'Occitanie.
Une prise de parole pour annoncer initialement le déblocage de 9,3 millions d'euros pour le finalisation des études et la poursuite des acquisitions foncières pour les LGV Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan, toutes deux prévues dans la LOM.
Parmi les mesures proposées par les collectivités locales pour financer cette LGV, en plus des subventions de l'État et de l'Union européenne, figurent l'idée d'une écotaxe mais aussi la création d'une fiscalité nouvelle sur l'immobilier d'entreprises. Même en étant hautement inflammable auprès de l'écosystème toulousain, cette idée a été confirmée par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse fraîchement réélu, lors du Grand Débat Éco' d'entre-deux tours des élections municipales organisé par La Tribune.
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Pour avancer sur le sujet, le gouvernement voulait, peut-être, attendre l'issue des élections municipales à Toulouse face à la divergence d'opinion des deux candidats. Car, si le maire sortant était favorable à ce projet, ce n'était pas du tout le cas de son opposant écologiste, Antoine Maurice, militant plutôt pour un aménagement de la ligne existante. Cette échéance étant désormais passée, Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser Occitanie et de l'association EuroSud Team qui défend la LGV estime que "le projet peut démarrer dans les 2 à 3 ans qui viennent", pour une mise en service en 2029 dans le meilleur des cas.
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