Marseille : le (mauvais ?) procès fait aux navires (et pas que de croisière)

Laurence Bottero
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... ogue de sourds ?
Le sujet, il est vrai, n'a jamais été simple entre le Printemps marseillais et le monde maritime. Déjà, lors de la campagne municipale, les quelques flèches envoyées au secteur de la croisière avaient quelque peu animé le débat, suivi, lors de l'accession aux responsabilités, au retrait accordé par la municipalité au Club de la Croisière, histoire d'être raccord avec les reproches formulés.
Et la polémique - qui ne s'est pas vraiment arrêtée depuis - aurait pu en rester là si le maire de Marseille n'y était pas allé de sa pétition, largement relayée sur les réseaux sociaux. Une pétition qui invite les Marseillais à « s'engager à signer en faveur de la protection de la Méditerranée », Méditerranée menacée dit-elle par « la pollution des gros navires ».
Une initiative et des propos qui n'ont fait faire qu'un tour au sang de la place portuaire dans son ensemble, accusée ainsi de polluer, dit encore la pétition « en toute impunité ».
Car il n'est plus question uniquement des paquebots de croisières, mais aussi des navires qui transportent marchandises et passagers. Autant dire, toute une activité économique qui pèse 45.000 emplois directs et indirects.
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Ce que reproche la municipalité c'est la lenteur réglementaire, pas que locale, mais européenne et internationale. Ainsi le texte de la pétition mentionne la volonté que tous les polluants soient honnis, que des contrôles soient effectués sur les navires croisant dans la rade phocéenne et que l'Etat, via le préfet de Région interdise toute escale des navires les plus polluants lors des pics de pollution. « Nous soutenons sincèrement le Grand Port Maritime, notamment dans ses projets de transport ferroviaire. Ce que nous demandons c'est d'accélérer le mouvement, la conversion est trop lente, nous voulons un passage à l'action plus rapide et que cela permette aux armateurs d'anticiper », rajoute Laurent Lhardit, l'adjoint en charge de l'économie, rappelant que le périmètre du Grand Port Maritime est par ailleurs hors ZFE et que Marseille, qui a obtenu le label européen « villes neutres en carbone d'ici 2030 », ne peut pas faire comme si des fumées noires ne continuaient pas à être émises.
Laurence Bottero