Conjoncture : dans le Sud, « le thermomètre n’est pas cassé », dit la Banque de France
Laurence Bottero
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Gouverner c'est prévoir paraît-il et l'adage s'applique aussi à l'économie. C'est le quotidien des chefs d'entreprises, appelés à planifier production, livrables, projets de développement, exportations... Un exercice qui n'empêche évidemment pas les imprévus, ce qui exige de la part de ces dirigeants, une capacité d'adaptation et de remise en question. Depuis désormais trois ans, cela est même devenu obligatoire, l'économie mondiale étant traversée par de multiples perturbations qui ont et continuent de challenger tout dirigeant dans son plan de développement.
Alors, forcément, les données chiffrées sont davantage étudiées, scrutées... un thermomètre qui, dans en Provence Alpes Côte d'Azur, n'est pas cassé, dit Jean-Christophe Ehrhardt. Le directeur régional de la Banque de France qui constate la résistance de l'économie, ce qui finalement, correspond au scénario - en 3 R - posé par la banque centrale française. Où donc 2022 correspond à une phase de résistance et de résilience de l'économie, laquelle phase sera suivie d'une période de ralentissement, « pour des raisons notamment géopolitiques, on aura au mieux une croissance faible ou une légère récession temporaire en 2023, avant une reprise pour 2024, mais une reprise que nous n'attendons pas très supérieure à la croissance potentielle, à 1,8% ».
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Et clairement donc le Sud résiste. C'était déjà le cas avant l'été, ça se confirme à la rentrée. Dans l'industrie, secteur fortement surveillé, parce que soumis à diverses problématiques qui impactent son bon déroulement - de la crise des prix de l'énergie à celles des coûts des matières premières - le constat qui fait du bien au moral c'est l'utilisation des capacités de production, qui se révèle être égal à sa moyenne de longue période, soit un taux de 82%. « Cela montre que la demande finale a bien résisté, notamment grâce à la demande touristique, et que les secteurs en relation avec l'investissement - comme les bureaux d'études, la fabrication de machines spéciales, les composants - ont continué à avoir des carnets légèrement supérieurs à la situation habituelle », indique Jean-Christophe Ehrhardt. Avec une croissance du chiffre d'affaires qui continue d'être légèrement sous 10%, là où les chefs d'entreprises eux-mêmes imaginaient être plus proches du 7%, ce qui signifie « que les volumes ont continué de progresser ». Ce qui, rappelle Jean-Christophe Ehrhardt, constitue bien la définition - et la preuve - d'une résilience avec des « chefs d'entreprises ingénieux » pour trouver ses solutions alternatives, évitant des ruptures de plans de charge.
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