Après la hausse des défaillances, qu’attendre de la conjoncture dans le Sud ?
Laurence Bottero
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Il est des données auxquelles on prête plus attention, qui servent d'indicateurs de la santé - bonne ou pas - de l'économie. Le nombre de défaillances d'entreprises est de ceux-là. Surtout depuis la crise sanitaire qui a vu le nombre de défauts plonger significativement, faisant du nombre de défaillances une sorte de valeur-refuge à laquelle s'accrocher. Logiquement, les défaillances ont retrouvé, peu à peu, en deux ans, un rythme considéré comme normal, avec un effet rattrapage attendu dès que la vie économique a retrouvé son cours habituel.
Il n'empêche que les défaillances d'entreprises demeurent depuis lors, un indicateur majeur. Reste à bien faire la part des choses : effet rattrapage ou vrai signe que les entreprises sont confrontées à des difficultés suffisamment majeures pour que leur survie soit si mise à mal.
C'est là toute la subtilité de l'analyse, à laquelle Thierry Million, le directeur des études d'Altarès se prête pour La Tribune.
Et pour le Sud, la situation n'est certes pas la plus sereine mais elle n'est pas non plus la plus terrible. Car, à son habitude, le Sud fait un peu différemment que la tendance nationale.
D'un point de vue national, les défaillances enregistrent une hausse de 36% quand, dans le Sud, elles sont plus importantes de 32%. Le Sud qui a mieux résisté donc en période post-Covid, notamment parce qu'il a su s'appuyer sur son savoir-faire, en industrie et en commerce. La crainte de ne pas retrouver le niveau touristique d'avant 2020 n'a pas été fondée mais globalement, les professions concernées ont mis les bouchés doubles pour accueillir le touriste post crise sanitaire. « Montagne et plage ont bien fonctionné », souligne Thierry Millon.
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Pas forcément attendue, l'inflation qui enchaîne après les difficultés d'approvisionnement, est venu perturber les scénarios de reprise optimistes. Une inflation qui, de fait, met la pression sur le pouvoir d'achat. En Provence Alpes Côte d'Azur, les professionnels de la filière l'ont bien remarqué, le niveau de dépenses a été bien moindre, par exemple, lors de la saison d'été 2023.
Laurence Bottero