Millenials, croissance modérée, décarbonation : quels enjeux pour la croisière ?

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
MSC Croisières

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
MSC Croisières
... surtourisme.
LA TRIBUNE - Après deux années de rattrapage Covid, dans un contexte inflationniste... comment se porte l'activité de croisière ?
MARIE-CAROLINE LAURENT - En janvier, nous étions tous dans l'expectative... avec une inquiétude sur le tourisme en général, sur comment l'activité allait pouvoir repartir et puis, sur les capacités de consommation, des passagers également. Mais la croisière va bien. Elle a réuni 31,7 millions de passagers au niveau mondial. Ce qui signifie une augmentation de plus de 10% par rapport à 2022 et de l'ordre de 7% par rapport à 2019, cette dernière étant notre meilleure année. Nous sommes donc sur un dépassement pré-Covid. Tout cela crée une bonne émulation : les destinations sont contentes, les armateurs cherchent à développer de nouvelles offres.
L'autre bonne nouvelle concerne la démographie de notre clientèle qui se modifie, qui conforte l'envie de voyages en famille, dans un environnement sécurisé... 28% des voyages comportent ainsi deux ou trois générations d'une même famille... Nous enregistrons également davantage de croisières solo... Cela conforte le rajeunissement de la croisière. Et les excursions elles-mêmes se diversifient, avec une davantage de demande d'activités sportives, culturelles... et même de découverte de gastronomie locale. Cela confirme l'évolution du produit croisière.
Autre point de satisfaction, la fidélisation des croisiéristes, qui s'établit à 82% et qui comprend une forte partie de millenials, avec 27% de nos croisiéristes qui n'avaient jamais effectué de croisière auparavant. La croisière a toujours fonctionné sur ses repeaters, mais le fait d'attirer de nouveaux clients est certes une bonne nouvelle mais aussi un besoin car nous avons de nouveaux navires qui arrivent, nous avons donc besoin d'augmenter, bien sûr, notre nombre de passagers pour correspondre à cette nouvelle capacité.
Quels sont les investissements prévus ?
À lire également
Nous envisageons toujours une croissance modérée, de l'ordre de 10% du nombre de cabines sur les 10 prochaines années. Nous allons atteindre 300 navires au sein de la CLIA. C'est une croissance saine, contrôlée, qui se diversifie. Nos carnets de commandes, pour les 5 prochaines années, établissent une répartition qui comprend un tiers de petits navires c'est-à-dire moins de mille cabines, un tiers entre 1.000 et 4.000 cabines et un tiers au-dessus de 4.000 cabines. Il n'y a donc pas de tendance de la croisière de ne faire que du grand navire. Au contraire, nous sommes sur un modèle qui se diversifie et veut répondre à l'ensemble de la demande.
Laurence Bottero