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Climat

Pour l'océan, Nice organise un nouvel ordre mondial

Photo de Laurence Bottero

Laurence Bottero

Publié le 23 septembre 2024 à 10:28

Dans le sud de l’océan Pacifique, ceinturé par une immense barrière de corail, le lagon
de Moorea offre un habitat unique pour de nombreuses espèces marines menacées.

Dans le sud de l’océan Pacifique, ceinturé par une immense barrière de corail, le lagon de Moorea offre un habitat unique pour de nombreuses espèces marines menacées.

LTD/LATASTE CHARLY/HEMIS.FR

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En juin prochain, la conférence des Nations unies sur l’océan sera tout entière tournée vers les solutions à mettre en place. Les enjeux sont multiples, à la fois économiques, humains et géopolitiques.

Dans neuf mois, Nice se parera de ses atours de printemps. Au même moment, la cinquième ville de France accueillera aussi la conférence des Nations unies sur l'océan (Unoc). Un rendez-vous attendu avec impatience par les experts. Car cette troisième édition aura un goût et un objectif particuliers : être tout entière tournée vers les solutions à mettre en place pour sauver, protéger et valoriser l'océan.

Si, avant elle, New York et Lisbonne étaient restées sur un niveau d'alerte de la communauté internationale, Nice enclenche une autre étape. Qui sera forcément significative. En entrant dans le vif du sujet, c'est toute une stratégie à l'échelle mondiale qui va devoir se dessiner. Il faudra donc faire consensus. Et faire équipe en choisissant le dénominateur commun : assurer un avenir à celui qui constitue le poumon bleu de la planète. Celui qui régule le climat, qui nourrit et que l'on a maltraité durant des siècles.

Une coalition internationale des régions côtières

En faisant de l'océan un sujet partagé, les Nations unies placent ce dernier sur un niveau surclassant les enjeux géopolitiques, notamment. Si l'on veut préserver ses ressources, les pays et les acteurs économiques doivent placer l'intérêt supérieur de l'humanité au-dessus de tout autre intérêt. Parmi les sujets primordiaux, celui de la montée du niveau de la mer est l'un des plus prégnants. Il n'épargne aucune ville côtière. Que l'on soit à Nice, à Tahiti, en Bretagne ou dans l'archipel de Tuvalu non loin de l'Australie, la hausse du niveau de l'eau pose les mêmes problématiques humaines, sociétales ou économiques. Sauf qu'il n'existe aucune vision partagée, encore moins un agenda international. C'est pourtant 1 milliard d'habitants qui sont concernés d'ici à 2100.

Ce sont les acteurs territoriaux qui mettront en œuvre les accords de Nice
Christian Estrosi, maire de Nice

Du constat, et parce que la hausse des mers est une réalité du quotidien, est née la coalition des villes littorales et régions côtières du monde. L'idée est venue du maire de Nice, Christian Estrosi, qui est convaincu qu'il faut impliquer « les acteurs du dernier kilomètre » et « réunir les maires des mers ». Il l'a soufflé à Emmanuel Macron, qui y a souscrit et qui lui en a confié l'exécution et l'organisation. À Nice, une journée consacrée à l'océan. Pour cela, un long travail de préparation s'est enclenché avec l'idée de proposer un programme d'avenir partagé. Une perspective ambitieuse quand on prend en compte les diversités géographiques, culturelles, climatiques, de ressources financières...

De fait, la coalition agit comme une plateforme commune rassemblant ce qui est fait ici ou là pour inspirer ou inciter, indiquant les nouveaux financements attentifs aux projets d'adaptation côtière... tout ce qui, finalement, aide les collectivités, souvent perdues, à prendre la bonne décision et le bon chemin.

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« Ce sont les acteurs territoriaux qui mettront en œuvre les accords de Nice », souligne Christian Estrosi, comme pour indiquer que le concret passe par les personnes de terrain. Des accords de Nice qui seront signés à l'issue de l'Unoc 2025 et qui devraient marquer une avancée après l'accord de Paris sur le climat, ratifié en 2015. La coalition internationale poursuivra d'ailleurs ses travaux bien après Nice et envisage d'organiser désormais, lors de chaque future conférence des Nations unies sur l'océan, un sommet consacré spécifiquement aux villes littorales et régions côtières du globe. Dans neuf mois, Nice sera le centre du monde. L'océan l'est déjà par toute l'attention qu'il génère.

Laurence Bottero

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