« La loi ZAN est l'une des plus belles lois qui soient »
Maëva Gardet-Pizzo
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Photo d'illustration
CIMP / R Lomini / F Boutté
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Il aurait pu se contenter d'un bref propos introductif. Il s'est lancé dans un long exposé qui a largement dépassé le temps imparti.
Désigné grand témoin des Assises de la transition écologiques organisées par le Club de l'Immobilier Marseille Provence dans la Cité phocéenne, Franck Boutté, fondateur de l'agence d'ingénierie de la ville durable Atelier Franck Boutté et Grand Prix de l'Urbanisme 2022, a tenu à rappeler combien la prise de conscience des enjeux environnementaux a pris du temps à s'enraciner dans le secteur de l'immobilier.
Après le rapport Meadows de 1968 qui, déjà, expliquait qu'on ne peut physiquement pas poursuivre une croissance infinie dans un monde aux ressources finies, le sujet ne pénètre la sphère de la construction « qu'au début des années 2000 », situe-t-il. « Mais à ce moment-là, on ne s'intéresse qu'à une seule dimension de la durabilité : l'énergie ». Un sujet qui ne concerne alors que le bâtiment neuf. De sorte que, dit-il, « on ne s'intéresse qu'à 0,1 % du problème ».
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Il faudra attendre les années 2010 pour que la question du carbone mobilise les acteurs de la filière, par le prisme des matériaux, avant que l'on finisse par prendre en considération l'importance « d'arrêter d'artificialiser comme des porcs et de consommer des terres fertiles alors que l'on sait que 10 millions de logements sont peu utilisés ». En ce sens, si la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) peut poser des questions pratiques, elle demeure pour lui « une des plus belles lois qui soient ». Une loi qui pousse d'un cran l'intérêt de la réhabilitation des bâtiments existants.
Maëva Gardet-Pizzo