A Marseille, le discours très engagé du président de la République italienne
Colombe Laferté avec Laurence Bottero
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A Marseille, Sergio Mattarella a exhorté à un nouveau modèle pour l'Union européenne.
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A Marseille, Sergio Mattarella a exhorté à un nouveau modèle pour l'Union européenne.
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En Italie, le président de la République, élu au suffrage universel indirect tous les sept ans, n'est pas autant mis sur le devant de la scène qu'en France. Un effacement qui laisse toute sa place de l'autre côté des Alpes au « Premier », Giorgia Meloni, l'actuelle cheffe du gouvernement . Attendu à Marseille pour recevoir le diplôme de docteur "Honoris Causa", on imaginait Sergio Mattarella prononcer pour l'occasion un discours des plus convenus. C'est tout au contraire un lectio magistralis très engagé, très politique et très franc qu'a porté le président italien devant un parterre d'universitaires et d'étudiants.
Rappelant d'abord comment se sont déclenchées les deux guerres du XXème siècle, comment aujourd'hui l'ordre mondial et la paix établis depuis des décennies se trouvent désormais menacés, Sergio Mattarella a lancé un avertissement. « L'Histoire n'a pas vocation à se répéter », a-t-il exhorté.
Et le président de la République italienne de rappeler le contexte. « Les déséquilibres qui émergent ont des racines lointaines, dans les séquelles laissées par les conflits du passé. Ou bien elles correspondent à des impulsions, à des ambitions d'acteurs. » Une mécanique de nouveau en action aujourd'hui, estime-t-il, notamment aux portes de l'Europe. « C'était le projet du Troisième Reich en Europe. L'agression russe d'aujourd'hui contre l'Ukraine est de cette nature. »
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Pour cet avocat de formation, difficile de ne pas voir des similitudes entre le contexte géopolitique d'aujourd'hui et la situation de l'Europe au début du XXème siècle. Parmi les symptômes, Sergio Mattarella mentionne le « retour des phénomènes de protectionnisme » qui a mené à la multiplication par trois des barrières commerciales, la tentation de « l'isolationnisme pour les Etats-Unis », et la montée en puissance des « sphères d'influence ». Alors, note-t-il, que « l'humanité semblait avoir pris conscience d'être liée à un destin commun, à une seule responsabilité ». Un discours offensif quand on connaît les positions de Giorgia Meloni.
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