Nourdine Moubarik, conseiller Adie, et sa collègue installés dans le quartier montpelliérain de la Paillade, le 4 février 2025, à l'occasion de la semaine d'information sur l'entrepreneuriat (du 3 au 7 février 2025).
Cécile Chaigneau
Dans les quartiers prioritaires, les entrepreneurs sont sept fois moins nombreux qu’ailleurs, malgré un fort engouement pour l’entrepreneuriat, souvent perçu comme une issue au chômage. À Montpellier, l’Adie soutient ces initiatives, comme à La Paillade.
Alors que les créations d'entreprises ont atteint un record en France en 2024, dans le même temps, les défaillances s'accélèrent et le chômage, des jeunes notamment, augmente à nouveau. Dans ce contexte, l'entrepreneuriat reste une alternative pour rester actif.
Ainsi, l'association pour le droit à l'initiative économique et l'entrepreneuriat populaire (Adie) défend l'idée que chacun, même sans capital ni diplôme, peut entreprendre avec un crédit et un accompagnement. Engagée pour l'entrepreneuriat populaire, l'association, présente dans toutes les régions, observe de près les dynamiques territoriales et les défis des publics fragilisés, pour qui créer une entreprise reste un parcours semé d'embûches.
« Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV, ndlr), il y a sept fois moins d'entrepreneurs qu'ailleurs : selon Bpifrance, seulement 3% sont à la tête d'une entreprise contre 17% en France, alors que 16% des habitants de ces quartiers veulent entreprendre contre 8% des gens en France », souligne Christophe Nicaud, le directeur de l'Adie Occitanie.
Un décalage paradoxal qui s'explique par la difficulté accrue des entrepreneurs de ces quartiers à trouver des financements (40% d'entre eux, contre 33% en France) et des conseils pour les accompagner dans une démarche entrepreneuriale.
Selon les données de l'INSEE (actualisées au 1er janvier 2024), l'Occitanie compte 393.100 personnes habitant dans les 108 QPV de la région. L'organisme de la statistique précise que « l'Occitanie est la région de France métropolitaine où la pauvreté monétaire est la plus répandue dans les QPV » (+6,7 points par rapport au niveau national), et que « la moitié des habitants y sont en situation de pauvreté, conséquence notamment des difficultés d'accès au marché du travail » (voir encadré).
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