Vins, aéronautique, tech : l’Occitanie s’inquiète de l’impact des taxes Trump
Cécile Chaigneau, Florine Galeron et Michèle Trévoux
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« Chaque seconde, 51 bouteilles d'Occitanie sont vendues dans le monde. »
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La politique commerciale de Donald Trump et sa menace de hausse des taxes douanières inquiètent. L’eurodéputée Claire Fita plaide pour une riposte européenne.
En Occitanie, les exportations vers les États-Unis ont atteint les 3,3 milliards d'euros en 2024, selon le Département des Statistiques et Études du Commerce Extérieur. Elles pèsent 7% des exportations régionales, dans des secteurs clés comme l'aéronautique, le spatial, la viticulture et l'agriculture.
Alors que Donald Trump menace d'augmenter les taxes douanières sur tous les produits de l'Union européenne, Claire Fita, députée européenne (PS) d'Occitanie, s'inquiète de l'impact d'une telle politique commerciale sur l'économie.
« Les États-Unis sont le premier partenaire économique et commercial de l'Union européenne, avec 20% des exportations européennes. Or, l'Amérique affiche un déficit commercial de 183 milliards d'euros vis-à-vis de l'Europe, sur un déficit global de 918 milliards de dollars,rappelle l'élue européenne.Une hausse de 10% des tarifs douaniers sur les produits européens entraînerait une perte d'un point de PIB pour l'UE et de 0,73% pour la France. »
La viticulture : secteur le plus menacé
La viticulture, déjà fragilisée, est le secteur le plus menacé. Affirmant que « chaque seconde, 51 bouteilles d'Occitanie sont vendues dans le monde », Claire Fita souligne que « le vignoble en Occitanie est le premier au monde en production de vins sous appellations AOP et IGP, et l'Occitanie la première région exportatrice en volumes, sous ces signes de qualité. Les États-Unis représentant pour la région le 2e marché en valeur et le 4e marché en volume ».
Un précédent en 2019, dans le contexte du conflit Airbus-Boeing, avait soumis les viticulteurs français à une hausse des taxes de 25%, conduisant à « une perte de 600 millions d'euros de chiffre d'affaires pour la viticulture française », rappelle la députée.
L'inquiétude monte
Le Syndicat régional du négoce, sollicité par La Tribune, estime que « tant qu'il n'y a pas de concret, nous n'avons pas de raison de prendre la parole sur ce sujet », indiquant que la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS) « encourage la poursuite d'un dialogue transatlantique constructif ».
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Mais pour Jérôme Vic, producteur-négociant installé à Vias (Hérault), la perspective des taxes douanières n'est pas une bonne nouvelle. L'entreprise expédie chaque année 650.000 bouteilles aux États-Unis et le dirigeant évoque « un marché dynamique, sur lequel nous enregistrons une croissance à deux chiffres avec des prix bien valorisés, et cette dynamique pâtirait d'une nouvelle taxation ». En 2019, Jérôme Vic avait négocié avec son importateur, rognant sur ses marges pour maintenir volumes et parts de marché. Si l'histoire se réitère, il fera de même. Sa seule consolation : en 2019, la taxe avait ciblé les vins français, allemands et espagnols, alors que la menace pèse désormais sur tous les vins importés. « Si tout le monde est à la même enseigne, ce sera plus digeste », tempère le producteur héraultais.
Cécile Chaigneau, Florine Galeron et Michèle Trévoux