U.S. Steel : Trump ouvre la voie à un investissement du japonais Nippon Steel
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En 2023, les États-Unis ont importé 82,1 milliards de dollars d'acier et de fer, et exporté 43,3 milliards de dollars. (Photo d'illustration)
Reuters
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En 2023, les États-Unis ont importé 82,1 milliards de dollars d'acier et de fer, et exporté 43,3 milliards de dollars. (Photo d'illustration)
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Le projet de rachat total de l'aciérie U.S. Steel par le japonais Nippon Steel est bien enterré. Cependant, après des mois de bras de fer politique, le géant nippon de l'acier a annoncé, ce lundi, qu'il préparait une « proposition audacieuse » pour son homologue américain.
Vendredi, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche aux côtés du Premier ministre japonais Shigeru Ishiba, Donald Trump a précisé que Nippon Steel renonçait à l'acquisition d'U.S. Steel, bloquée par son administration après un veto similaire de Joe Biden. En contrepartie, l'industriel japonais a accepté d'investir massivement aux États-Unis pour moderniser les capacités de production d'U.S. Steel et garantir son avenir.
Cette annonce survient alors que le président Donald Trump a confirmé dans le même temps l'instauration de droits de douane de 25 % sur toutes les importations d'acier et d'aluminium, marquant un nouveau tournant protectionniste pour l'industrie américaine. Un coup de semonce qui touche directement les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, notamment le Japon, huitième pays en termes d'exportations d'acier et d'aluminium vers Washington. Les 3 premiers du classement restent les principales victimes de Donald Trump : Canada, Chine et Mexique.
Nippon Steel, de son côté, reste discret sur la nature précise de son « projet audacieux ». « Ce sera totalement différent de ce que nous avons vu dans le passé », a indiqué lundi Yoshimasa Hayashi, porte-parole du gouvernement japonais. « Cela aboutira à des produits supérieurs que les États-Unis et le monde entier veulent et créera une situation gagnant-gagnant pour les États-Unis et le Japon ». Il n'a toutefois pas donné plus de précisions sur la forme exacte de cet investissement.
Derrière cette volte-face stratégique, l'objectif est clair : éviter un blocage total des relations commerciales entre Washington et Tokyo dans le secteur stratégique de l'acier. Nippon Steel et U.S. Steel avaient initialement scellé un accord en décembre 2023 pour une acquisition de 14,9 milliards de dollars, un projet vite devenu un enjeu électoral majeur aux États-Unis, notamment en Pennsylvanie, fief industriel et État clé pour la présidentielle. Soutenu par le puissant syndicat United Steelworkers, Joe Biden avait d'abord mis son veto à la transaction, dénonçant une menace pour les emplois américains. Une ligne reprise par Trump, qui a d'ailleurs affirmé dimanche :
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Malgré le revirement, Nippon Steel n'a pas renoncé à faire valoir ses droits et a engagé une procédure contre le blocage américain de son rachat, en partenariat avec U.S. Steel. Pour l'heure, le groupe japonais n'a pas souhaité commenter cette action en justice.
L'avenir d'U.S. Steel reste incertain. Si l'investissement nippon pourrait lui offrir une bouffée d'oxygène, les nouveaux droits de douane risquent de bouleverser encore davantage le marché de l'acier. En 2023, les États-Unis ont importé 82,1 milliards de dollars d'acier et de fer, et exporté 43,3 milliards de dollars. L'augmentation des barrières tarifaires pourrait entraîner des hausses de prix pour de nombreux secteurs, des infrastructures à l'automobile, tout en exposant l'économie américaine à des mesures de représailles commerciales de ses partenaires.
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Donald Trump a promis d'annoncer d'autres mesures protectionnistes dans les jours à venir, notamment des « tarifs réciproques » ciblant des pays qui imposent des prélèvements sur les exportations américaines. Une escalade qui pourrait encore compliquer les négociations en cours entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux, notamment le Japon, la Corée du Sud et l'Union européenne.
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