Fin juin, Transdev opérera la ligne Marseille-Toulon-Nice avec une flotte de 16 rames construites par Alstom, concrétisant l’ouverture à la concurrence voulue par la Région Sud Une première en France, regardée notamment par d’autres régions, tentées de reproduire le même modèle.Ce 19 mai, la rame construire par Alstom et opérée par Transdev a fait sa toute première entrée en garde de Marseille Saint-Charles, quasiment un mois avant sa mise en service officielle, prévue le 29 juin prochain. Une rame baptisée Omneo, labelisée Origine France Garantie, fabriquée sur le site de Crespin dans les Hauts-de-France, longue de 110 mètres que va donc opérer Transdev, avec une flotte globale de 16 rames, roulant à l'électricité verte, pour un investissement total de 250 millions d'euros.
Pour Transdev, c'est presque maintenant que tout commence. La filiale de la Banque des Territoires met en effet un premier pied dans la liaison TER, avec l'objectif de faire de ce segment un pilier à part entière de sa stratégie. Choisie face à la SNCF, avec son offre de services (connexion Wifi, petite restauration, distributeurs de boissons) et surtout sa promesse de doubler l'offre (avec 14 trajets), elle doit désormais prouver qu'elle fait mieux que l'entreprise ferroviaire tricolore.
Faire la preuve de concept
Cette ouverture à la concurrence, sorte de preuve de concept, est très attendue dans sa mise en exécution. Par Transdev, d'abord, qui a d'autres ambitions, notamment sur la ligne Nancy-Contrexéville, qu'elle opérera via un groupement réunissant NGE et la Banque des Territoires, suite au choix fait par la Région Grand-Est il y a tout juste un an.
Mais aussi par d'autres territoires, qui pourraient également emboîter le pas à la Région Sud.
Pourtant, cette « innovation ferroviaire », comme l'appelle Renaud Muselier, n'a pas été un long fleuve tranquille. Le président de la Région Sud rappelle qu'il a fallu convaincre, notamment les parties prenantes. « Comme nous étions les premiers, il y a eu beaucoup de critiques, d'angoisse ». Alors également président de Régions de France, il raconte comment ses homologues s'interrogeaient sur le bien-fondé de cette initiative. Aujourd'hui, d'autres élus régionaux seraient prêts à la dupliquer mais « plutôt sur des petites lignes », regrette presque Renaud Muselier. « Nous avons fait le choix inverse afin d'être attractifs pour l'opérateur et pour signifier notre détermination ».