Face à la crise, l’œnotourisme peut-il « sauver le monde viticole » ?
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Dans les rayons de la grande distribution comme dans les plus petits magasins, le comportement des consommateurs en ces temps d'instabilité politique et économique ne fait pas de doute pour Nathalie Roubaud, présidente de la Fédération des Vignerons Indépendants Var-Alpes-Corse : « le vin ne fait pas partie des priorités ».
Depuis plusieurs mois, le secteur viticole est secoué par une crise qui combine divers facteurs. Et si d'autres régions, notamment le Bordelais, sont « en complète dérive », en Provence, les vignerons tentent de maintenir leur activité. Il faut dire que pour la première région de France productrice de vin rosé - 134 millions de bouteilles AOP produites en 2024, soit entre 40 et 45% de la production nationale de vins rosés AOP et environ 5% de la production mondiale de vins rosés -, la saison estivale est contrastée. « Le rosé se boit quand il fait beau et chaud », souligne Nathalie Roubaud qui constate une météo mitigée sur le territoire français. Mais c'est surtout les redoutées taxes imposées par le président Trump qui viennent assombrir les mois d'été. Si l'Union Européenne et les Etats-Unis ont annoncé avoir trouvé un accord sur le commerce transatlantique aboutissant à un droit de douane général de 15% sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, l'incertitude persiste pour les vins et spiritueux : le secteur peut - il espérer faire partie des exemptions ? « Nous sommes à la merci de Donald Trump. Nous ne savons pas où nous allons et pour la Provence, qui exporte une grande partie de sa production - 44%, ndlr - les taxes déstabilisent le marché. Elles vont toucher tous les producteurs, même ceux qui n'exportent pas, car ils verront arriver sur le marché national et européen davantage de concurrence », regrette celle qui est également vigneronne au Château Nestuby à Cotignac.
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Face à l'incertitude qui pèse sur le secteur viticole depuis des mois, les exportateurs de rosé ont tenté de jouer la carte de la rapidité en faisant importer, au plus vite, leurs produits. Le millésime 2024 n'a plus rien à craindre mais, en revanche, « il va falloir renégocier pour le millésime 2025 », anticipe Nathalie Roubaud.