La transition énergétique nécessite de réduire drastiquement la consommation des ressources fossiles. Mais le développement des énergies bas carbone (nucléaire, hydraulique, hydrogène décarboné, solaire, éolien) entraîne une demande croissante de matières premières de plus en plus diverses, notamment des métaux critiques : argent, silicium ou cadmium pour le solaire, terres rares pour l'éolien, platine et palladium pour la production d'hydrogène, lithium, cobalt et nickel pour les batteries.
C'est là que l'économie circulaire peut jouer un rôle majeur. Et c'est pour traiter de toutes les dimensions de l'économie circulaire appliquée à la transition énergétique que le CEA, par le biais de son Institut des sciences et technologies pour une économie circulaire des énergies bas carbone (ISEC), le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), l'ADEME, l'Institut national de l'économie circulaire (INEC), la Région Occitanie et Montpellier Management ont organisé le FEET : Forum Economie circulaire des Energies bas carbone pour la Transition énergétique.
LA TRIBUNE - Vous dirigez l'Institut des sciences et technologies pour une économie circulaire des énergies bas carbone (ISEC) au CEA Marcoule, dans le Gard. Quelle est sa vocation ?
Philippe PRENÉ, directeur de l'Institut ISEC - L'ISEC a été créé en février 2020 et rassemble les activités de R&D du CEA sur l'économie circulaire des énergies bas carbone. Notre histoire, c'est celle du cycle du combustible nucléaire, qui date des années 1980 où on faisait de l'économie circulaire avant d'en parler... Dans ce domaine, la R&D porte sur le procédé de retraitement du combustible et de fabrication du MOX, le combustible recyclé utilisé en centrales. Nous travaillons aussi sur les technologies de conditionnement des déchets radioactifs. Tous ces savoir-faire, développés ces quarante dernières années dans le nucléaire, nous les appliquons aujourd'hui aux autres énergies bas carbone.