1,8 million de salariés cumulent plusieurs contrats en un seul mois

Photo d'illustration
Mike Segar

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La précarité sur le marché du travail est loin d'être un phénomène marginal. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce mardi 2 juillet, 9% des salariés travaillant dans le secteur privé ont multiplié les contrats de travail au cours du mois de janvier dernier. Ce qui représente environ 1,8 million de travailleurs.
Lors de sa récente présentation de la réforme de l'assurance-chômage, le gouvernement a montré sa volonté de limiter le recours aux contrats à durée limitée comme les CDD ou l'intérim par exemple. Mais l'explosion des contrats à durée déterminée depuis le début des années 2000 ne devrait pas faciliter l'objectif du gouvernement, surtout que certains secteurs accrocs à ce type de contrat ont été exclus de la réforme comme le bâtiment par exemple.
Pour l'instant, seuls sept secteurs sont dans le collimateur de l'exécutif. Il s'agit de l'industrie agroalimentaire avec la fabrication des denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac, l'hébergement et restauration, la production et distribution d'eau-assainissement, gestion des déchets et dé-pollution, les transports et entreposage, la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, et d'autres produits non métalliques, le travail du bois, l'industrie du papier et l'imprimerie.
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Les chiffres proposés par l'institut de statistiques permettent de dresser une photographie de ces travailleurs qui enchaînent souvent les missions sans vraiment de visibilité. Dans le détail, 1,5 million de salariés ont cumulé plusieurs contrats dans le mois chez le même employeur et 300.000 multiplient les contrats dans plusieurs établissements. Par tranche d'âge, ce sont surtout les jeunes ayant moins de 25 ans qui sont les plus représentés (14,5%). Ils sont suivis des 25-49 ans (8,8%) et des personnes âgées de plus de 50 ans (7,4%). Au niveau du genre, ce sont surtout les femmes qui sont employés en multicontrats (9,6% contre 8,5% pour les hommes).
Parmi les actifs qui ont eu plusieurs employeurs, 210.000 travailleurs ont signé cinq contrats ou plus au cours du mois de janvier dernier. À l'inverse, les deux tiers des salariés multicontrats, qui représentent environ 1,2 million de personnes ont eu deux contrats durant le même mois. L'usage de ce type de contrat varie beaucoup en fonction des secteurs. Ainsi, la proportion de CDD et de contrats temporaires dans l'agroalimentaire (41%) les services aux ménages (39,3%), les services administratifs et de soutien (39,3%) ou l'hébergement-restauration est relativement importante. À l'opposé, cette part est beaucoup plus faible dans les activités immobilières (11,1%), le raffinage (13%) ou encore les activités scientifiques et techniques (17,1%).
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Malgré cette montée en puissance des contrats à durée limitée, 84,7% des salariés étaient en contrat à durée indéterminée en 2018. La crise de 2008, la crise des dettes souveraines en zone euro et la libéralisation du marché du travail ont eu des répercussions sur l'emploi. Ainsi, la part des salariés en emploi à durée indéterminée a diminué de 2,4 points entre 2009 et 2017 d'après les derniers chiffres de l'organisme de statistiques. L'année dernière, cette part a cessé de reculer.
De fortes disparités apparaissent également selon les catégories socioprofessionnelles. Ainsi, si 3,8% des cadres dans le privé sont à contrat à durée limitée, les employés (14,3%) et les ouvriers sont bien plus habitués à ce type relation contractuelle avec leurs employeurs. Sur l'ensemble des employés, les personnels des services aux particuliers (19,7%), les employés de commerce (14,2%) sont plus familiers de ce type de contrat que les autres catégories. Chez les ouvriers, le secteur agricole domine largement les autres catégories avec 29% de salariés en contrat à durée limitée.
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En parallèle, le taux d'activité des seniors a bondi ces dernières années gagnant 10,7 points depuis 2007 pour atteindre 66,5% l'année dernière. La multiplication des réformes des retraites avec le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, la fin des dispenses de recherche d'emploi, la diminution des mesures de préretraite ont contribué à faire monter l'activité des seniors même si ces derniers expriment souvent des difficultés à retrouver un emploi après avoir perdu leur poste selon une récente enquête du CEET