1,8 million de salariés cumulent plusieurs contrats en un seul mois

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(Crédits : Mike Segar)
Près de 10% des salariés du secteur privé multiplie les contrats au cours du même mois selon les derniers chiffres communiqués par l'Insee. Si le contrat à durée indéterminée reste la norme, plus de 200.000 salariés enchaînent au moins cinq contrats de travail dans le mois.

La précarité sur le marché du travail est loin d'être un phénomène marginal. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce mardi 2 juillet, 9% des salariés travaillant dans le secteur privé ont multiplié les contrats de travail au cours du mois de janvier dernier. Ce qui représente environ 1,8 million de travailleurs.

Lors de sa récente présentation de la réforme de l'assurance-chômage, le gouvernement a montré sa volonté de limiter le  recours aux contrats à durée limitée comme les CDD ou l'intérim par exemple. Mais l'explosion des contrats à durée déterminée depuis le début des années 2000 ne devrait pas faciliter l'objectif du gouvernement, surtout que certains secteurs accrocs à ce type de contrat ont été exclus de la réforme comme le bâtiment par exemple.

Pour l'instant, seuls sept secteurs sont dans le collimateur de l'exécutif. Il s'agit de l'industrie agroalimentaire avec la fabrication des denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac, l'hébergement et restauration, la production et distribution d'eau-assainissement, gestion des déchets et dé-pollution, les transports et entreposage, la fabrication de produits en caoutchouc et en plastique, et d'autres produits non métalliques, le travail du bois, l'industrie du papier et l'imprimerie.

Selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud, "dans ces secteurs, on compte trois contrats précaires pour deux contrats stables, c'est-à-dire par exemple 15 CDD pour 10 CDI. Il ne s'agit pas d'un surpoids marginal".

> lire aussi : Emploi : le recours à l'intérim explose

Les jeunes cumulent

Les chiffres proposés par l'institut de statistiques permettent de dresser une photographie de ces travailleurs qui enchaînent souvent les missions sans vraiment de visibilité. Dans le détail, 1,5 million de salariés ont cumulé plusieurs contrats dans le mois chez le même employeur et 300.000 multiplient les contrats dans plusieurs établissements. Par tranche d'âge, ce sont surtout les jeunes ayant moins de 25 ans qui sont les plus représentés (14,5%). Ils sont suivis des 25-49 ans (8,8%) et des personnes âgées de plus de 50 ans (7,4%). Au niveau du genre, ce sont surtout les femmes qui sont employés en multicontrats (9,6% contre 8,5% pour les hommes).

210.000 personnes ont cumulé cinq contrats

Parmi les actifs qui ont eu plusieurs employeurs, 210.000 travailleurs ont signé cinq contrats ou plus au cours du mois de janvier dernier. À l'inverse, les deux tiers des salariés multicontrats, qui représentent environ 1,2 million de personnes ont eu deux contrats durant le même mois. L'usage de ce type de contrat varie beaucoup en fonction des secteurs. Ainsi, la proportion de CDD et de contrats temporaires dans l'agroalimentaire (41%) les services aux ménages (39,3%), les services administratifs et de soutien (39,3%) ou l'hébergement-restauration est relativement importante. À l'opposé, cette part est beaucoup plus faible dans les activités immobilières (11,1%), le raffinage (13%) ou encore les activités scientifiques et techniques (17,1%).

Une grande majorité des salariés sont en contrat à durée indéterminée

Malgré cette montée en puissance des contrats à durée limitée, 84,7% des salariés étaient en contrat à durée indéterminée en 2018. La crise de 2008, la crise des dettes souveraines en zone euro et la libéralisation du marché du travail ont eu des répercussions sur l'emploi. Ainsi, la part des salariés en emploi à durée indéterminée a diminué de 2,4 points entre 2009 et 2017 d'après les derniers chiffres de l'organisme de statistiques. L'année dernière, cette part a cessé de reculer.

"La baisse depuis 2009 a eu pour contrepartie une hausse de la part des contrats à durée limitée dans l'emploi salarié, en particulier des CDD. En outre, la part de l'intérim a fléchi en 2009 en raison de la crise économique, puis s'est redressée progressivement : elle est revenue depuis 2015 à un niveau supérieur à celui qui prévalait en 2007 (2,4 %") expliquent les statisticiens.

Les contrats à durée limitée très présents pour les employés

De fortes disparités apparaissent également selon les catégories socioprofessionnelles. Ainsi, si 3,8% des cadres dans le privé sont à contrat à durée limitée, les employés (14,3%) et les ouvriers sont bien plus habitués à ce type relation contractuelle avec leurs employeurs. Sur l'ensemble des employés, les personnels des services aux particuliers (19,7%), les employés de commerce (14,2%) sont plus familiers de ce type de contrat que les autres catégories. Chez les ouvriers, le secteur agricole domine largement les autres catégories avec 29% de salariés en contrat à durée limitée.

Le taux d'activité des seniors a bondi

En parallèle, le taux d'activité des seniors a bondi ces dernières années gagnant 10,7 points depuis 2007 pour atteindre 66,5% l'année dernière. La multiplication des réformes des retraites avec le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, la fin des dispenses de recherche d'emploi, la diminution des mesures de préretraite ont contribué à faire monter l'activité des seniors même si ces derniers expriment souvent des difficultés à retrouver un emploi après avoir perdu leur poste selon une récente enquête du CEET

Le taux d'activité des 15-64 ans a atteint un plus haut en 2018 depuis 1975. Il augmenté de 0,4 point. Cette hausse résulte surtout du taux d'activité des seniors (+25 points pour les 55-59 ans depuis 2000). Cela est la conséquence des réformes successives des retraites des dispositifs de cessation anticipée d'activité a expliqué, Vladimir Passeron, chef du département de l'Emploi et des revenus d'activité à l'Insee.

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a écrit le 03/07/2019 à 15:43 :
"Ainsi, la proportion de CDD et de contrats temporaires dans l'agroalimentaire (41%) les services aux ménages (39,3%), les services administratifs et de soutien (39,3%) ou l'hébergement-restauration est relativement importante".

Et après ,le Medef et la bourgeoisie LREM vont se plaindre de ne pas trouver assez de salariés dans ces branches, ah,ah.Branches pourries sans avenir.
a écrit le 02/07/2019 à 18:14 :
La valeur travail ayant été éradiquée par la dictature financière celui ci ne pouvait plus qu'éclater de la sorte imposant aux jeunes de chercher un emploi seulement pour bouffer, il est évident que ce type de contrat ne peut pas valoriser le travail.

D'ailleurs c'est bel et bien le discours de nos jeunes actuels chercher un emploi repas et se chercher un but dans la vie à côté car les deux étant dorénavant incompatibles en néolibéralisme.

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