L'emploi salarié a bondi au premier trimestre

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Dans la construction, les créations nettes ont atteint 16.100 (+1,2%), soit la plus forte hausse trimestrielle depuis fin 2007. Sur un an, le secteur a créé 36.500 emplois en net (+2,7%).
Dans la construction, les créations nettes ont atteint 16.100 (+1,2%), soit la plus forte hausse trimestrielle depuis fin 2007. Sur un an, le secteur a créé 36.500 emplois en net (+2,7%). (Crédits : iStock)
L'économie française a créé 93.800 emplois en net au dernier trimestre - 92.800 dans le privé et 1.000 dans la fonction publique - soit le total le plus élevé depuis le quatrième trimestre 2017, contre 69.800 un trimestre plus tôt.

Le marché du travail se porte relativement bien. Selon les derniers résultats de l'Insee publiés ce mercredi, les créations d'emplois ont augmenté de 93.800 au premier trimestre, soit une hausse de 0,4% après 0,3% au dernier trimestre 2018. L'emploi salarié a particulièrement bondi dans le secteur privé (92.800 après 67.900). Dans le public, les créations ont été bien plus modérées (1.000 après 2.000). Pour le chef économiste chez Ostrum Asset Management, Philippe Waechter :

« Avec 92.800 emplois de plus, ce chiffre est comparable aux points hauts de 2017. La croissance est plus riche en emplois [...] Cette hausse de l'emploi va s'ajouter aux mesures sur le pouvoir d'achat et soutenir la demande interne [...] De la sorte, la croissance devient plus autonome, compensant le risque associé au choc extérieur (fort ralentissement du commerce mondial). L'économie française devient plus robuste. »

En dépit d'une croissance révisée à la baisse et d'un climat social tendu alimenté notamment par la crise des "Gilets jaunes", les économistes de l'Insee ont révisé fortement à la hausse leurs premières projections. « Comparativement à l'estimation flash parue le 10 mai 2019, la variation de l'emploi salarié sur le seul champ privé au premier trimestre 2019 est revue à la hausse de 26.400, en particulier dans les services marchands hors intérim et dans la construction », précise l'organisme de statistiques public.

Boom dans la construction

Entre janvier et mars, l'emploi salarié dans les services marchands a progressé de 0,6% avec 68.200 créations nettes de postes. Sur ce total, l'intérim, qui restait sur quatre trimestres de contraction, a légèrement rebondi avec 7.700 créations nettes de postes. Dans les services non-marchands, la progression est quasi-nulle avec seulement 800 emplois contre 5.600 le trimestre précédent. « Sur un an, l'emploi dans les services principalement non marchands diminue de 5.100, dont − 9.300 dans le public » ajoute l'Insee.

En parallèle, le nombre de postes a progressé de 0,2% dans l'industrie avec 7.500 créations contre 8.800 créations au dernier trimestre. Sur un an, l'emploi dans la production industrielle a augmenté de 18.800. Dans la construction, les services de l'Insee ont enregistré la hausse la plus spectaculaire (1,2% sur un trimestre et 2,7% sur un an) avec 16.100 créations contre 10.000 entre octobre et décembre.

Coup de frein sur les salaires au premier trimestre

Dans le même temps, l'Acoss, qui représente la caisse nationale du réseau des Ursaff, a indiqué, dans un communiqué publié ce mercredi 12 juin, que le salaire moyen par tête a reculé de 0,3% au premier trimestre 2019, après une hausse de 0,6% au trimestre précédent. Sur un an, il augmente tout de même de 1,4%.

Selon l'organisation, « cette diminution s'explique pour partie par des versements exceptionnels de salaires constatés fin 2018, dont certains étaient habituellement effectués en début d'année. Néanmoins, la prise en compte de la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat instaurée fin 2018 dans le cadre des mesures d'urgence économiques et sociales, porte l'évolution du salaire moyen par tête à +1,0 % au premier trimestre (après +0,7 %) et +2,7 % sur un an. »

Baisse du chômage

Ces créations d'emplois devraient favoriser une baisse du chômage. Selon les dernières prévisions macroéconomiques de la banque de France publiées ce mercredi 12 juin, le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) devrait passer de 9,1% en 2018 à 8,6% en 2019.

Pour les années 2020 et 2021, l'organisme bancaire anticipe encore une diminution (8,3% et 8,1%), mais cette projection est soumise à de nombreux aléas sur la croissance. La banque centrale a ainsi révisé à la baisse ses prévisions de progression du PIB de 0,1 point à 1,3% contre 1,4% pour cette année. Pour les économistes de la banque de France, cette dynamique de l'emploi et des salaires viendraient soutenir la hausse du pouvoir d'achat.

Lire aussi : L'économie française devrait ralentir plus que prévu pour 2019

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Commentaires
a écrit le 13/06/2019 à 15:14 :
Ce sont certainement des chiffres de l'INSEE qui sont manipulés, comme le fait Trump aux USA. Exemple. Vous êtes au chômage et au bout d'un an vous n'avez pas retrouvé de travail, He bien vous êtes rayé des listes de chomeur. Voila le travail....pour faire artificielement baisser le chômage.
a écrit le 13/06/2019 à 5:22 :
"Le marche du travail se porte bien" ! Sur, 10 points le chomage national, tout va bien.
a écrit le 12/06/2019 à 18:35 :
bien gentil votre commentaire pour macron. Certes pour l'IDE la France passe devant l'Allemagne en nombre ......de créations d'entreprises, mais en nombre d'embauches, l'Allemagne fait mieux avec l'ide, de pus relativisons l'Espagne et la Pologne croissance du nombre de créations suite IDE 38% et 32% respectivement, de plus GB brexit donc frilosité, Allemagne problème politique de gouvernance d'où frilosité PONCTUELLE,. quant aux résultats de fonds....dette 100% comme les USA, déficit record qui va encore se creuser à 3.5% (conditionnel comme cet article du monsieur qui joue avec le conditionnel), chômage à 8.6% à comparer avec tous les autres pays européens excepté Espagne, Grèce, Italie, quelle victoire! quant aux pseudo réformes par expérience je puis vous dire que par ex. les ordonnances pénicaud n'ont ABSOLUMENT eu AUCUN IMPACT sur le code du travail tjrs aussi lourd pour les rh . autre ex. frappant la réformette sur la SNCF hormis le fait d'avoir changél pot chemiot en salarié, tous les avantages au statu sont conservé. BREF. Aiu lieu de vous taper sur le ventre de contentement sur des mesures qui sont soit très légères ou conditionnelles soyez factuel et voyez le concret LES CHIFFRES D'AUJOURD'HUI, retraite 10mds de déficit, SS 5mds de déficit, etc, etc
a écrit le 12/06/2019 à 14:59 :
c'est bon ça.
comme je disais il y a 1 ou 2 ans, ce pays mérite de réussir/s'imposer. EY montrait aussi il y a quelques jours que la France était de loin le pays le plus attractif en Europe pour l'investissement étranger dans la R&D et l'industrie (Baromètre de l'attractivité de la France 2019, EY, 06/2019).
je disais aussi qu'il faut garder la tête froide. nos amis anglo-américains ou allemands ont fait/font preuve d'arrogance. pas bon. et les turbulences internationales vont s'amplifier, a priori.
il va falloir se focaliser sur la croissance interne/domestique. reconquérir les territoires, par exemple.
Réponse de le 12/06/2019 à 22:49 :
Vous devriez éviter de vous gargariser d'un résultat obtenu en faisant bondir le déficit public. Si la croissance européenne ralentie, on verra bien que tout cela est totalement artificiel, et basé uniquement sur la hausse du déficit, comme aux USA.
Aux vus des pseudo-réformes dont aucune ne vise à améliorer notre compétitivité industrielle et celle de l'enseignement, nous partons tout droit pour le sous-développement. . A moins que vous ne considériez que faire du latin une priorité, et de repasser aux 4 jours de travail dans le primaire (contre 5 dans tous les autres pays au minimum) ne soient des réformes nous permettons de renforcer le niveau de notre technologie. Mais dans ce cas, nous sommes vraiment mal embarqués.

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