Abbé Pierre : une institution face au scandale
Nelson Getten
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L'Abbé Pierre.
© LTD / Pascal Baril/ABACAPRESS.COM
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L'Abbé Pierre.
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Pour arriver jusqu'au centre Emmaüs d'Esteville, le village normand où est enterré l'abbé Pierre, il faut traverser une exposition en plein air retraçant les combats de l'icône
de la solidarité en France. Au milieu des arbres, des photos de sans-abri, des citations du résistant imprimées sur de grandes toiles, des œuvres de street art. Au bout du sentier, la porte vitrée du centre est restée fermée depuis mercredi. Sur une feuille A4 scotchée, on peut lire: « En solidarité avec les victimes de violences sexistes et sexuelles et suite aux récentes révélations médiatiques, l'équipe du centre Abbé PierreEmmaüs a décidé de fermer symboliquement le lieu de mémoire jusqu'à nouvel ordre. »
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Une porte close comme un symbole du séisme qui secoue l'institution depuis la publication du rapport relatant les témoignages de sept femmes. Un séisme dont ni la fondation Abbé Pierre, ni Emmaüs International, ni Emmaüs France n'ont tenté de minimiser les secousses. Bien au contraire. En ouvrant une ligne téléphonique et une adresse e-mail, les trois organisations incitent même d'autres potentielles victimes à se faire connaître. Hier, une infirmière a raconté au micro de France Inter avoir été victime d'attouchements de la part du fondateur d'Emmaüs quelques années avant sa mort, elle serait ainsi la huitième victime.
Nelson Getten