Accélération des ralliements dans la campagne présidentielle au Medef

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(Crédits : Charles Platiau)
Le « Nordiste » Frédéric Motte a annoncé son ralliement à Alexandre Saubot, soutenu par l'UIMM, le GIFAS, la FCD, Syntec Numérique et la FBF. Dominique Carlac'h a rejoint Geoffroy Roux de Bézieux soutenu par la FFA, l'Ania, le comité exécutif du GPS et 27 Medef territoriaux. Restent en lice quatre candidats qui attendent le 11 juin le verdict du conseil exécutif avant le vote de l'Assemblée générale le 3 juillet. Avec la perspective d'un scrutin très serré qui pourrait fracturer le Medef.

[Article publié le 4 juin 2018 à 21:16, mis à jour 6.06 à 16:51]

Ca se bouscule à la sortie dans la compétition pour la présidence du Medef ! Ils furent 9 candidats à obtenir officiellement le nombre suffisant de parrainages et ils ne sont plus que 4 à quelques jours du vote, consultatif, du conseil exécutif prévu le 11 juin. Après le rassemblement de Pierre Brajeux (Medef Hauts-de-Seine) et de Fabrice Le Saché, le plus jeune candidat, autour du lyonnais Patrick Martin, président du Medef régional Auvergne-Rhône Alpes, puis le désistement de Jean-Charles Simon, ancien DG du Medef, qui a déclaré soutenir en Geoffroy Roux de Bézieux le candidat le plus libéral à ses yeux, l'histoire s'accélère. Ce week-end, Dominique Carlac'h, la seule femme candidate, a aussi rejoint les rangs de Geoffroy Roux de Bézieux. Hier soir, c'était au tour de Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France et ancien vice-président des territoires au sein de l'équipe Gattaz d'annoncer son ralliement, en faveur d'Alexandre Saubot, ancien président de l'UIMM.

Du coup, ils ne restent plus que quatre en lice : deux favoris, qui sont aussi les deux « sortants », Alexandre Saubot, ancien négociateur social du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, ancien vice-président en charge de l'économie, de la fiscalité et du numérique ; et deux représentants de Medef territoriaux qui jouent le renouvellement face aux « sortants » : le lyonnais Patrick Martin et l'alsacien Olivier Klotz (président du Medef Alsace).

Match serré

En fait, le match pourrait être serré et l'on évoque déjà le spectre d'un deuxième tour lors de l'assemblée généale qui se tiendra à la Mutualité le 3 juillet. Alexandre Saubot est en tête, soutenu par la métallurgie, la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) et la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). La Fédération bancaire française (FBF), qui avait soutenu Geoffroy Roux de Bézieux lors de la dernière élection, a tourné casaque et s'est ralliée à la surprise générale à Alexandre Saubot. Pour la FBF, c'est « le candidat le plus rassembleur » et le plus « rassurant » ; Alexandre Saubot a aussi reçu un soutien de poids du président France d'Adecco Group, Christophe Catoire, issu de Prism'emploi, la fédération des professionnels et du recrutement. Enfin, le Gifas, le patronat aéronautique a aussi apporté son soutien à Alexandre Saubot.

En face, Geoffroy Roux de Bézieux est un peu en retard mais il est soutenu cette fois par la Fédération française des Assurances (FFA - 33 voix), qui apprécie traditionnellement les patrons libéraux, par l'ANIA, la Fédération des industries agroalimentaires et par celle des entreprises de services aux particuliers (FESP - 1 voix). L'ancien président de Croissance Plus et patron de The Phone House devenu Virgin a aussi la cote auprès des entrepreneurs du numérique qui considèrent que le profil plus moderne de cet entrepreneur des télécoms correspond mieux aux exigences d'une époque de transformations.

« Le Medef a besoin d'un président charismatique qui incarne notre époque: c'est-à-dire la création de valeur, l'agilité entrepreneuriale et l'économie 4.0", a estimé Dominique Carlac'h dans "Le Figaro".

Si la présidente du Syntec (16 voix), Viviane Chaine-Ribeiro le soutient aussi, à titre personnel, Syntec Numérique a annoncé mercredi 6 juin soutenir Alexandre Saubot. Signe que le choix entre les deux candidats ne fait pas l'unanimité, à la surprise générale, le GPS (Groupement des professions de services) s'est divisé, mais à la majorité, il a donné mandat à son président de se prononcer en faveur de Geoffroy Roux de Bézieux lors du cote consultatif du 11 juin.

Quand à Patrick Martin, soutenu dit-on par Pierre Gattaz lui-même, qui apprécie son profil de patron d'une belle ETI issue des territoires, il espère rallier les Medef territoriaux à sa cause et faire basculer une fédération. Mais le ralliement de Frédéric Motte à Alexandre Saubot et de 27 présidents de Medef territoriaux et régionaux à Geoffroy Roux de Bézieux montre que les choses sont plus compliquées qu'elles n'en ont l'air.

La bataille pour la succession de Pierre Gattaz se joue maintenant sur les soutiens de puissantes fédérations, celle du bâtiment (FFB), celle des industries de santé (FEFIS) ou celle de l'union des industries chimique (UIC). On entre donc dans les grandes manœuvres d'ici au 3 juillet, jour du vote en assemblée générale.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2018 à 13:54 :
Il y a un grand ménage à faire à tous les étages . C'est un repère de mafieux . Place aux jeunes et tout de suite .
Réponse de le 06/06/2018 à 20:48 :
Plutôt que de voter cette organisation comme bien d'autres devrait s'auto dissoudre , toutes ces instances sont des sangsues qui pompent le fric de leurs adhérents et qui se goinfrent de subventions en tout genre pour faire vivre quelques individus !!!
Voir l'usage scandaleux des milliards de la formation continue qui ne profitent jamais à ceux qui en auraient besoin !!!.
a écrit le 05/06/2018 à 8:41 :
JE comprends que vous suiviez ces élections, elles sont importantes mais bon maintenant ça serait bien qu'ils votent enfin ! On va pas y passer le réveillon hein...
a écrit le 05/06/2018 à 6:01 :
Changement, vous avez dit ?

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