Affaire Tapie : Stéphane Richard fixé sur son sort lundi
latribune.fr
En novembre 2021, Stéphane Richard, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy avait été condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour complicité de détournement de fonds publics.
Stéphane Richard, ex-PDG d'Orange, connaîtra lundi à 13h30 la décision de la cour d'appel dans le dossier de l'arbitrage frauduleux de 2008 entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais.
C'est peut-être l'ultime rebondissement d'un feuilleton politico-financier vieux de plusieurs décennies. En novembre 2021, Stéphane Richard, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy avait été condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour complicité de détournement de fonds publics. Un jugement qui lui avait coûté son poste à la tête d'Orange. Mais en juin 2023, la Cour de cassation a annulé cette décision et ordonné un nouveau procès pour lui et pour Jean-François Rocchi, ancien responsable du Consortium de Réalisation (CDR), chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais. Le procès s'est tenu fin mars-début avril ; l'arrêt est attendu ce lundi.
Le cœur du dossier remonte au conflit entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais autour de la revente d'Adidas dans les années 1990. En 2008, un arbitrage privé controversé avait accordé plus de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires. Mais cette sentence a été annulée en 2015 pour fraude, et une enquête pénale a été ouverte pour déterminer si l'arbitrage avait été sciemment biaisé au détriment de l'État.
En première instance, tous les prévenus avaient été relaxés. Mais en appel, la justice avait estimé que l'arbitrage avait été manipulé pour « faire triompher » la « partie Tapie », causant un « dommage financier parmi les plus importants jamais causés volontairement aux finances publiques », selon la cour.
225 millions récupérés à ce jour
Depuis, les condamnations pour escroquerie de l'avocat de Bernard Tapie, Maurice Lantourne, et de l'arbitre Pierre Estoup ont été définitivement validées. Mais dans le cas de Stéphane Richard et de Jean-François Rocchi, la Cour de cassation a considéré qu'ils « ignoraient le caractère frauduleux de l'arbitrage », invalidant la qualification initiale de complicité de détournement de fonds publics. L'avocat général avait suggéré une requalification en négligence, comme ce fut le cas en 2016 pour Christine Lagarde, reconnue coupable mais dispensée de peine.
Outre les condamnations pénales, le volet civil de l'affaire se poursuit. En 2022, l'ancien ministre Éric Woerth a bénéficié d'un non-lieu dans une enquête parallèle. Les sociétés en liquidation de Bernard Tapie, Maurice Lantourne et Pierre Estoup ont, eux, été condamnés à rembourser près de 400 millions d'euros au CDR, entité détenue à 100 % par l'État. En mai 2024, celui-ci annonçait avoir récupéré 225 millions d'euros, notamment grâce à la vente de la villa La Mandala à Saint-Tropez. Mais la dette totale, intérêts compris, s'élevait encore à 616 millions d'euros en 2021.
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