Annuler les dettes des États détenues par la BCE : l'appel d'une centaine d'économistes

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(Crédits : Jérôme Panconi)
Tandis que les États européens, dont la France, ont ouvert les vannes des dépenses pour amortir le choc de la pandémie, des économistes tel Thomas Piketty, appellent à l'effacement des dettes publiques ou à leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt. En échange, les États pourraient « investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale ».

Plus de 100 économistes lancent vendredi un appel à annuler les dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne (BCE) pour faciliter la reconstruction sociale et écologique après la pandémie de Covid-19.

Tandis que l'endettement public a très fortement augmenté pour protéger les ménages et les entreprises, "les citoyens découvrent, pour certains avec effarement, que près de 25% de la dette publique européenne est aujourd'hui détenue par leur banque centrale", relèvent ces économistes dans une tribune destinée à neuf publications européennes.

Lire aussi : Comment la dette publique augmente la richesse des milliardaires en période de crise

"Nous nous devons à nous-mêmes 25% de notre dette et si nous remboursons cette somme, nous devrons la trouver ailleurs, soit en réempruntant pour faire rouler la dette au lieu d'emprunter pour investir, soit en augmentant les impôts, soit en baissant les dépenses", expliquent ces économistes, parmi lesquels 50 Français, dont Thomas Piketty (École d'économie de Paris), Jézabel Couppey-Soubeyran (Sorbonne), Olivier Passet (Xerfi) ou encore Aurore Lalucq, qui est aussi députée européenne (groupe Socialistes et Démocrates).

Pour la BCE, annuler les dettes des États, qui se négocie actuellement à des taux très bas, voire négatifs, n'est "pas une option", car "les citoyens risqueraient de perdre confiance dans la monnaie", avait déclaré en juin Fabio Panetta, membre italien de son directoire.

Une annulation contre un nouveau monde « écologique et social »

Les signataires estiment à l'opposé que l'institution basée à Francfort pourrait, en annulant ses créances "offrir aux États européens les moyens de leur reconstruction écologique, mais aussi de réparer la casse sociale, économique et culturelle".

L'effacement des dettes publiques ou leur transformation en dettes perpétuelles sans intérêt se ferait en échange d'un engagement des États à "investir les mêmes montants dans la reconstruction écologique et sociale".

"Ces montants s'élèvent aujourd'hui, pour l'ensemble de l'Europe, à près de 2.500 milliards d'euros", selon l'appel à paraître notamment dans Le Monde (France), El Pais (Espagne), La Libre Belgique, Der Freitag (Allemagne) et l'Avvenire (Italie).

Les signataires affirment que "l'annulation n'est pas explicitement interdite par les traités européens" et que "l'histoire nous a maintes fois montré que les difficultés juridiques s'effacent devant les accords politiques".

Inquiets devant un possible retour de politiques d'austérité impliquant des réductions de dette publique comme celles menées de 2015 jusqu'au début de la crise du Covid-19, les universitaires appellent aussi à  "une nouvelle gouvernance européenne, notamment par le passage à la majorité qualifiée en matière fiscale".

Lire aussi : Le budget 2021 du "quoi qu'il en coûte" adopté par le Parlement

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Commentaires
a écrit le 10/02/2021 à 10:18 :
Je n'ai pas lu encore l'appel dans sa totalité.
Mais, au de la retranscription par La Tribune, il manque -pour payer la dette- la taxation de la spéculation et des transactions immobilières(0.3% actuellement).
Les recommandations du FMI - à travers son " Moniteur des finances publiques" - sont
la taxation du patrimoine et de l'épargne.
Déjà que les intérêts négatifs plombent l'épargne, on va finir comme les grecs!
D'ailleurs cela a commencé avec un amendement du PS sur les contrats d'assurance vie.
a écrit le 08/02/2021 à 17:08 :
La pandémie est l‘affaire de tout le monde. Donc c‘est l‘affaire des institutions démocratiques à déterminer qui en paiera les frais et non pas de la BCE qui a la tâche de sauvegarder la valeur de la monnaie et qui manque toute légitimation pour autrechose.
a écrit le 07/02/2021 à 9:03 :
mme lagarde garde sa vision mondialiste jusqu'au boutiste
mais vision banquaire et non vu par des etats
ce qui semblerais a une maladie mondiale creer par les banquiers pour se remplir les poches
au detriment de la population mondiales et bien mme lagarde n'est plus a sa place
a écrit le 05/02/2021 à 17:51 :
DETTES DES ÉTAT SUPPRESSION. oui, MAIS...
Il faut savoir qu'il existe deux dettes d'ëtat. Les deux sont par l'émission d'obligations. Certaines obligations sont vendues dans le public et donnent lieu à un intérêt. Les autres sont vendues à la banque de France par exemple, qui la revend à la BCE. Cette dernière transforme la dette en effectifs, par un simple jeu d'écriture en créditant le compte courant de la Banque de France. Ces obligations aussi donnent lieu à des intérêts, pour la BCE, mais comme les intérêts de la BCE sont reversés à ses propriétaires soit toutes les banques nationales, Ces obligations ne coutent rien au pays qui a émis des obligations vendues à la BCE.

En outre ça ne coute rien non plus à la BCE, car c'est une écriture comptable, qui, au cas où l'on voudrait supprimer toutes les dettes d'État des obligations vendues à la BCE, il suffirait de supprimer ces écritures.
Par contre pour les obligations vendues dans le public, la dette ne peux pas se supprimer de la même manière, sous peine de pousser à la faillite de tout le système bancaire et para-bancaire qui a souscrit à ces obligations.
Il faudrait que les États ne reconnaissent plus les dettes de ces obligations et que la BCE soit le seul acheteur possible. Ainsi elle pourrait gommer les écritures de ces achats, mais resterait le problème de ce ces obligations transformées en cash et le risque d'inflation si l'économie repartait serait certain.
Bien sur la BCE pourrait ne pas accepter de payer ces obligations pour leur valeur faciale, mais avec un discount important, d'autant plus que d'un autre côté les cotations de ces obligations chuteraient en bourse.

Il faudrait bien sur plus de volonté économique et financière que politique.

André FRANK
a écrit le 05/02/2021 à 16:34 :
Je reprend une remarque faite plus bas!
Il ne faut pas mélanger les dettes.
Mais on peut calculer assez précisément l'impact COVID pour chaque nation.
Il faudrait que l'ONU (CNUCED) se charge de la tâche, avec une commission totalement indépendante, afin que les pays les plus riches n'en profitent pas, voir même pour opérer un léger rééquilibrage, avec des annuellement et reconversions de dettes pour les plus pauvres, et même plus, puisque les pays riches ont répliqué à cette crise bien plus fortement que les pays pauvres, que se sont les entreprises des économies riches qui vont faire du gras sur cette crise.
Toutes les nations étant touchées, remettre tous les compteurs au niveau des bilans fin 2019 ?
C'est plus facile à écrire qu'à faire !
Déjà parce que des planches à billets sont déjà à l'œuvre et créent des disparités de traitements.
a écrit le 05/02/2021 à 16:24 :
Quand une personne est atteinte d'une maladie incurable et qu'elle soufre le martyr en attendant la mort les médecins qui sont aussi des humains lui donnent de la morphine pour la soulager malgré les risques d'accoutumance. La dette c'est comme la morphine.
a écrit le 05/02/2021 à 14:09 :
Les économistes sont incapables d'expliquer pourquoi il n'y a pas d'inflation depuis la crise bancaire de 2007 alors que les banques centrales créent beaucoup beaucoup de monnaie, et ils se sont complètement plantés en annonçant en avril-mai une catastrophe pour la rentrée de septembre, qui n'est jamais arrivée.
Et ils se permettent encore de donner des leçons ?
Quelle suffisance !
Qui peut croire ces clowns surdiplômés ?
a écrit le 05/02/2021 à 10:03 :
Que ces tetes "bien faites" aillent exposer leurs theories en Asie. Ils seront bien recus.
a écrit le 05/02/2021 à 10:00 :
Je crains qu'il y ait une confusion dans la tête des gens entre dette covid financée par la planche à billets de la banque centrale et la dette hors covid que l'on accumule bon an mal an avec un déficit permanent depuis 40 ans et financée par le marché. Si on annulait la dette, vu que l'on continue à avoir un budget déficitaire, le lendemain matin on recommencerait à accumuler d'autres dettes.
a écrit le 05/02/2021 à 9:32 :
Le ridicule ne tue pas, mais s'il pouvait rendre muet, cela serait appréciable.
Réponse de le 05/02/2021 à 16:24 :
Bravo, c'est exactement ce que je pense.
a écrit le 05/02/2021 à 9:17 :
Dommage que ces économistes ne soient que rarement invités dans les émissions TV. C'est toujours la pensée libérale officielle qu'on nous repasse en boucle.
Réponse de le 05/02/2021 à 16:26 :
Le pensée libérale officielle à la télé??? Revoyez la définition !
a écrit le 05/02/2021 à 9:16 :
C'est idiot parce que d'une part c'est continuer le grand mensonge et que d'autre part ce sont les moins illégitimes, il faut que ces économistes soit disant "progressistes" nous expliquent en quoi le fait de passer par des banques privées entre Etats et banques centrales aurait une justification. C'est celle là qui est la plus destructrice de dette et de loin, il n'y a aucune raison de faire toujours plus de cadeaux à ceux dont ces multiples cadeaux exponentiels sont utilisés pour massacrer la planète et son humanité.

Pitoyables socialistes !

Maintenant vu que visiblement on ne peut pas se passer de cet aberration priviligée oligarchique que l'on se pose sur l'analyse de Frederic Lordon sur comment faire sans les riches vu que le coût du capital est devenu tellement gigantesque qu'il écrase tout sur son passage ne laissant que misère et mort derrière lui. Vite un frexit, quitte à terminer pauvres autant devenir libres (j'allais écrire riches, beau lapsus :-)

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