Bayrou face à une motion de censure du PS
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François Bayrou affronte sa sixième motion de censure ce mercredi à l'Assemblée.
Gonzalo Fuentes
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François Bayrou affronte sa sixième motion de censure ce mercredi à l'Assemblée.
Gonzalo Fuentes
Alors que les budgets pour 2025 ont enfin été adoptés au Parlement, François Bayrou affronte ce mercredi une sixième motion de censure. Le texte, qui sera examiné en fin d'après-midi, n'a a priori aucune chance de renverser le Premier ministre faute de soutien du Rassemblement national.
Ce qui n'a pas empêché le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, d'appeler mardi soir, dans Le Parisien, les parlementaires à la « responsabilité », espérant qu'un « certain nombre de députés socialistes ne la voteront pas », à l'heure où « deux superpuissances » - la Russie et les États-Unis - « négocient au mépris de l'Europe » sur l'avenir de l'Ukraine.
Le PS avait annoncé cette motion après avoir renoncé à censurer le gouvernement sur les budgets, la présentant comme une réponse à la « trumpisation » du débat public et une protestation contre l'emploi du terme de « submersion » migratoire par le Premier ministre. « Le Premier ministre a repris les mots funestes de Jean-Marie Le Pen », critiquent les socialistes dans ce texte signé par les 66 députés du groupe. Qualifiant l'extrême droite « d'ennemi mortel de la République », ils reprochent au gouvernement d'avoir « cédé » à ses « passions tristes » en « offrant des victoires culturelles inédites au Rassemblement national qu'il est censé combattre ».
Dans leur viseur notamment : le débat sur le droit du sol suggéré par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, le soutien du gouvernement à un texte LR restreignant ce droit à Mayotte, l'adoption à l'Assemblée - à l'initiative de l'ex-Premier ministre Gabriel Attal - d'un texte sur la justice des mineurs, la « dépénalisation des atteintes à la biodiversité » portée par la droite sénatoriale, ou encore « la remise en cause du Pacte vert » au niveau européen.
Depuis le renoncement du PS à tenter de renverser le gouvernement Bayrou, Jean-Luc Mélenchon ne mâche pas ses mots contre Olivier Faure, secrétaire général du parti. « Ce ne sont plus nos alliés. S'ils veulent être des partenaires, ce sera dans l'action et s'ils cessent d'aider ce gouvernement à survivre », a déclaré le leader de La France insoumise (LFI) dans La Tribune Dimanche.
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Le texte, déposé lundi, évoque aussi l'affaire des violences à Notre-Dame-de-Bétharram, estimant que « le Premier ministre ne peut se soustraire aux interrogations légitimes des victimes et de leurs proches, de la représentation nationale et de la presse ».
François Bayrou est accusé dans ce dossier d'être intervenu dans l'enquête ouverte fin 1997 concernant le père Carricart, ex-directeur de l'institution, et d'avoir menti à la représentation nationale, ce qu'il récuse entièrement. L'affaire a de nouveau animé les questions au gouvernement mardi. François Bayrou a alors renvoyé la balle dans le camp du gouvernement socialiste de Lionel Jospin, qui lui avait succédé. « Si je ne savais pas, d'autres savaient. Parce que j'affirme devant vous (...) que le procureur général, lui, a tenu informée la Chancellerie sur ces affaires à quatre reprises en 1998. Il l'a fait téléphoniquement le jour de l'incarcération et ensuite à trois reprises par écrit, en signalant la gravité des faits », a affirmé le Premier ministre.
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Il a ensuite rappelé, en la citant nommément, qu'Élisabeth Guigou était alors ministre de la Justice. Déplorant une « misérable polémique politicienne », cette dernière a assuré à l'AFP que le gouvernement Jospin avait « fait son travail », tout comme la justice, « en toute indépendance ». Le chef du gouvernement a par ailleurs jugé inimaginable que le ministre de l'Éducation de l'époque, Claude Allègre - décédé récemment -, et sa ministre déléguée à l'Enseignement scolaire, Ségolène Royal, n'aient pas été « avertis ». L'ancienne candidate à la présidentielle a indiqué envisager une « plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse ».
(Avec AFP)
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