BAROMÈTRE EXCLUSIF — Bayrou prend de l’oxygène
Jules Pecnard

Hormis LFI, tous les autres blocs affichent un soutien au Premier ministre en hausse, y compris au sein du RN.
LTD/FRED TANNEAU / AFP
Jules Pecnard

Hormis LFI, tous les autres blocs affichent un soutien au Premier ministre en hausse, y compris au sein du RN.
LTD/FRED TANNEAU / AFP
Dans la période si troublée que traverse la France, tout bol d'air frais est bon à prendre. Même s'il ne recueille que 27% d'opinions favorables dans notre baromètre Ipsos-Cesi école d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche, François Bayrou obtient le satisfecit de sa base. Les sympathisants du bloc central - Renaissance, MoDem, Horizons - interrogés cette semaine par l'institut de sondage sont désormais 70% à soutenir l'action du maire de Pau. C'est 18 points de plus qu'en janvier.
Ceux qui se sentent proches des Républicains sont encore plus nombreux à faire cette bascule : 24 points de plus, pour atteindre 48% d'opinions favorables à l'égard du centriste. « Le jugement global reste majoritairement négatif, rappelle Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, mais François Bayrou a évité une censure des députés et a permis à la France de se doter d'un budget ; il en engrange les dividendes. »
Ce soutien des sympathisants LR, par essence fragile dans le contexte actuel, montre toutefois que les concessions accordées à la gauche par l'exécutif n'ont pas effrayé la droite outre mesure. Hormis les sympathisants de La France insoumise, dont le jugement est encore plus sévère - 78% d'opinions défavorables - qu'en janvier, tous les autres blocs affichent un soutien au Premier ministre en hausse, y compris au sein du Rassemblement national (+8 points).
Une autre personnalité gouvernementale enregistre un bond plus significatif encore : Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur est désormais troisième dans la liste des personnalités que les sondés seraient satisfaits de voir accéder à la présidence de la République, derrière Marine Le Pen et Jordan Bardella. « Il est désormais devant Édouard Philippe dans ce classement, observe Brice Teinturier, et compte moins de mécontents à son égard que Gérald Darmanin ou Gabriel Attal. Il est placé très haut par les sympathisants LR, mais il est en train de se passer quelque chose au sein du bloc central. »
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En effet, dans le socle macroniste, le Vendéen s'approche, avec 40% de satisfaits dans la perspective d'une accession à l'Élysée, du trio de tête formé par Édouard Philippe (67%), Gabriel Attal (62%) et Gérald Darmanin (52%). Laurent Wauquiez, que Bruno Retailleau va affronter pour la présidence des Républicains, reste quant à lui scotché à 12%, tous bords confondus. La rapidité du « moment Retailleau » est notable : partant de 15% de bonnes opinions en octobre, à peu près lors de sa nomination comme ministre, l'ex-fidèle de Philippe de Villiers a pris 14 points de popularité en l'espace de quatre mois.
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