Dans sa note de conjoncture publiée jeudi 11 septembre, l’Insee met en évidence que, malgré une hausse générale du pouvoir d’achat des ménages en 2025, celle-ci devrait surtout bénéficier aux retraités. De quoi relancer la question de la contribution des plus âgés à l’effort de désendettement.Faire contribuer les retraités au redressement des finances publiques en 2026, tel était le projet de François Bayrou avant qu'il n'échoue à obtenir la confiance des députés, lundi 8 septembre. Cet été, l'ancien Premier ministre avait dévoilé un plan drastique : la mise en place d'une année blanche pour l'ensemble des prestations sociales, dont le gel des pensions de retraite. Cette mesure spécifique aurait permis à l'État d'économiser 2,6 milliards d'euros, selon une étude de l'Institut des politiques publiques (IPP) dévoilée le 30 juin. Et le Béarnais ne comptait pas s'arrêter là. Il prévoyait aussi de transformer l'abattement de 10 % pour frais professionnels dont bénéficient les retraités en un abattement forfaitaire de 2 000 euros par an et par personne.
François Bayrou mis hors course, le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, reprendra-t-il les propositions de son prédécesseur dans le projet de budget ? Un texte qui doit être normalement présenté au Parlement avant le 7 octobre. La lecture de la note de conjoncture de l'Insee, publiée jeudi 11 septembre, pourrait l'en convaincre.
Malgré une situation économique morose, le pouvoir d'achat des ménages devrait progresser en moyenne de 0,8 % cette année. Et ce, après une hausse de 2,4 % en 2024. Seul hic, cette augmentation du pouvoir d'achat profiterait, comme l'année dernière, surtout aux retraités. « En termes réels, les prestations sociales, notamment les pensions de retraite, resteraient toujours la principale contribution aux gains de pouvoir d'achat des ménages en 2025 (0,9 point), tandis que les revenus d'activité n'y contribueraient que modestement (0,4 point) », pointe l'Institut national des statistiques et des études économiques.
Dit autrement : « Les retraités gagnent un peu plus de pouvoir d'achat que les salariés. C'était déjà le cas en 2024 et ce sera à nouveau le cas cette année », confirme Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l'Insee. Mais pourquoi une telle disparité ? « Les salaires réels augmentent, mais ils progressent un peu moins vite que les retraites, parce que l'on a revalorisé les retraites de base de 2,2 % au 1er janvier, tandis que les salaires sont en hausse d'un peu moins de 2 % », précise l'expert.