Dans une France déprimée, la croissance résiste en trompe-l’œil
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La croissance pourrait atteindre 0,8 % en 2025, selon l’Insee.
Reuters
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La croissance pourrait atteindre 0,8 % en 2025, selon l’Insee.
Reuters
Sur le papier, ce n'est pas si mal. Et même un peu mieux que prévu. Portée par un deuxième trimestre plutôt correct (+0,3 %, après +0,1 % au premier trimestre), la croissance française devrait atteindre 0,8 % en 2025, indique l'Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) dans sa note de conjoncture publiée jeudi 11 septembre. « L'activité croîtrait de 0,3 % au troisième trimestre, puis de 0,2 % au quatrième trimestre », détaille l'établissement public, dont les prévisions sont alignées avec celles dévoilées, mardi 9 septembre, par la Banque de France.
Si la croissance tricolore résiste, elle apparaît néanmoins en recul par rapport à 2024 où elle s'était élevée à 1,1 %. Plus problématique, le surcroît d'activité est surtout le fruit de « quelques branches [qui] maintiennent l'activité à flot (tourisme, marché immobilier, aéronautique, agriculture) », pointe l'Insee. Et précisément, de « l'exceptionnel dynamisme » de la production manufacturière aéronautique et du tourisme.
Car pour le reste, l'Hexagone semble avoir sombré dans une grosse déprime. En témoigne, la confiance des ménages « au plus bas depuis presque deux ans ». Malgré une inflation faible - 0,9 % sur un an en août, selon l'Insee - et des gains de pouvoir d'achat élevés l'année dernière (+2,5 %), la consommation ne repart pas en France. Le taux d'épargne culmine même à 18,9 % du revenu des ménages. Un chiffre bien supérieur au taux affiché avant la crise du Covid, autour de 14,5 %. Et rien ne montre que ce chiffre va diminuer d'ici à la fin de l'année. Selon l'Insee, la consommation ne devrait progresser que de 0,5 % en 2025, après 1 % l'année précédente. Et ce, alors que le pouvoir d'achat des Français devrait, lui, augmenter de 0,8 %.
À lire également
Pour les économistes de l'Insee, il existe un vrai décalage entre la perception qu'ont les ménages de la situation économique et la réalité affichée par les grands indicateurs. C'est particulièrement vrai concernant le chômage. Alors qu'il redevient un sujet de préoccupation, l'emploi a en réalité plutôt bien résisté cette année (+43 000 emplois créés dans le privé au deuxième trimestre). Même si 65 000 postes d'alternants devraient être détruits au second semestre, du fait d'une politique d'aides à l'embauche moins généreuse pour les entreprises. Mais, en définitive, la situation ne devrait guère se dégrader sur le front de l'emploi cette année. D'après l'Insee, le taux de chômage augmenterait légèrement à 7,6 %.