Chômage partiel : 225 millions d'euros d'aides détournées, la face visible d'une fraude colossale ?

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(Crédits : iStock)
Au total, la fraude sur ces fausses déclarations d'activité partielle est évaluée à 225 millions d'euros. Un résultat acceptable, selon le ministère, "au regard des 30 milliards mobilisés" qui indique aussi en avoir bloqué ou récupéré la moitié. Mais ce chiffre pourrait n'être que la partie émergée de l'iceberg. C'est ce qu'avance un représentant syndical CGT de l'inspection du travail qui estime "que tout cela est massif au niveau national".

Le ministère du Travail a annoncé jeudi que le cap des 50.000 contrôles sur les demandes de chômage partiel avait été franchi, avec un total de 225 millions d'euros de fraude dont plus de la moitié récupérés.

Les contrôles ont débouché sur 9.500 "suspicions" de fraude et 440 procédures pénales en cours, a-t-on appris de même source. Au total, la fraude est évaluée à 225 millions d'euros, dont plus de la moitié a déjà été bloquée ou récupérée, sur un dispositif global de 30 milliards d'euros.

Lire aussi : Fraude au chômage partiel : 10.000 entreprises contrôlées, 50.000 d'ici la fin de l'été

Cela représente donc moins de 1% du budget total consacré à l'activité partielle, qui a été largement utilisée dans la crise du coronavirus, avec près de 9 millions de salariés concernés au plus fort de la crise en avril, un chiffre retombé à 2,4 en juillet.

Fin juillet, la ministre du Travail Élisabeth Borne avait indiqué que 25.000 contrôles avaient débouché sur 1.400 "suspicions" de fraude. Elle avait anticipé ces 50.000 contrôles avant "la fin de l'été".

Le ministère du Travail a souligné auprès de l'AFP que "le montant des fraudes peut paraître important mais au regard des 30 milliards mobilisés, c'est finalement assez peu".

"Il y a toujours des escrocs et des gens qui profitent du système", a-t-on ajouté de même source.

Un dispositif "vulnérable à la fraude"

De leur côté, l'Humanité et Le Canard enchaîné ont fait état cette semaine du message d'alerte d'un agent de l'inspection du travail de Seine-Saint-Denis, après 15 jours consacrés à étudier des dossiers d'activité partielle.

Dans un document de 4 pages, consulté par l'AFP, l'agent dit avoir "cessé de dormir" et évoque un "désastre financier", rapporte notamment le cas d'une entreprise ayant perçu environ 147.000 euros "et dont l'argent est déjà parti en Pologne depuis un compte en ligne ouvert sans justificatif de domicile". Il évoque aussi au moins cinq entreprises n'ayant "aucun salarié connu de l'Urssaf" pour lesquelles il a demandé le blocage du paiement.

"On pense que tout cela est massif au niveau national", a affirmé à l'AFP Simon Picou, représentant syndical CGT de l'inspection du travail. "On ouvre une caisse pleine de billets et on dit: "servez vous"", a-t-il ajouté, déplorant notamment le manque de justificatifs demandés aux entreprises.

Dans un rapport publié lundi, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur la fraude sociale estimait pour sa part que le dispositif d'activité partielle "apparaît comme vulnérable à la fraude" et jugeait que les contrôles devaient être "amplifiés".

En cas de fraude, les sanctions vont jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende, et pour ce qui est des sanctions administratives, elles prévoient le remboursement des aides et l'exclusion du bénéfice des aides jusqu'à 5 ans.

Lire aussi : Fraude au chômage partiel: «Entre l'erreur et les faux, la réponse sera graduée»

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Commentaires
a écrit le 17/09/2020 à 15:25 :
Et chez BFm on continu de clamer que cette mesure est une mesure favorable à la demande... La demande d'aide des entreprises ?

Comme si le chomage partiel n'avait pas bénéficié aux entreprises et a leurs actionnaires qui on vu les couts de cette crise baisser fortement grâce à elle...
a écrit le 17/09/2020 à 13:04 :
le chômage partiel est devenu le mode d ajustement des ressources à la charge de travail au lieu d organiser l entreprise et encore cela est légal vis a vis de la loi pour le covid. ensuite il y a le chômage forcé avec des taux horaires faux . le gouvernement ne veut pas perdre les élections. chômage partiel avec 600 euro par mois pour tout le monde en italie les salariés y réfléchissent à 2 fois et retournent vite au travail. mais en france c est open bar 15% des salariés ne veulent pas revenir travailler statistique personnel sur 4 à 5 entreprises vérifiées.
a écrit le 17/09/2020 à 11:54 :
Le détournement d'argent public ou passe temps oligarchique.
a écrit le 17/09/2020 à 11:37 :
Rien de nouveau : comme toute administration publique un fonctionnement anarchique et calamiteux... A quand les réformes des administrations publiques ou sans utilités et de la performances et de la culture du résultat pour les fonctionnaires... Pour résoudre la problématique suffit d'adapter le "management du privé" du secteur marchand dans la fonction publique... La fraude tant dénoncée sur la CPAM pourtant cela fait des années que cela dure à aujourd’hui on rabâche le même problème sans apporter de solution...

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