Drôle d'ambiance ce jeudi matin à Bercy. Après un comité d'alerte à huis clos au Centre des conférences Pierre Mendès-France, les ministres de l'Économie, Éric Lombard, et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ont répondu à un micro tendu, juste en face, à l'Hôtel des ministres. Les élus locaux, les parlementaires et les partenaires sociaux sont, eux, repartis de leur côté.
Dans la foulée, le gouvernement a fait savoir que « si les recettes sont pour le moment globalement conformes aux prévisions de la loi de finances initiale, des tensions apparaissent sur les dépenses ». Du côté de l'État par exemple, « des risques de dépassement demeurent pour certains ministères », malgré les 5 milliards d'euros de mesures de maîtrise depuis le début de l'année. Pour la Sécurité sociale, le comité estime, lui, à plus de 1,3 milliard d'euros le risque de dépassement des dépenses.
Résultat, 3 milliards d'euros de crédits de l'État « ne seront pas engagés cette année », a communiqué, sans plus de précision, l'exécutif dans une déclaration transmise à la presse. Tout juste évoque-t-il « une mise en réserve complémentaire notifiée dans les prochaines semaines ». Pour l'Assurance maladie, l'effort sera de 1,7 milliard d'euros et comprendra « la mise en œuvre immédiate de certaines dispositions de la loi de finances de la Sécurité sociale, l'annulation de certaines mises en réserve, et le renforcement des mesures de maîtrise médicalisée ». Soit 4,7 milliards d'euros de coupes dès cet été.