Coronavirus et confinement : et les sans-abri dans tout ça ?
César Armand et Giulietta Gamberini

Selon le dernier recensement de l'Insee, de 2012, au moins 160.000 personnes sont confrontées en France à cette "double peine".
Philippe Wojazer
César Armand et Giulietta Gamberini

Selon le dernier recensement de l'Insee, de 2012, au moins 160.000 personnes sont confrontées en France à cette "double peine".
Philippe Wojazer
[article publié le 18 mars à 13h46, mis à jour à 16h07 avec la réaction de la Fondation Abbé Pierre]
esponsable d'équipes d'accompagnement de familles à la rue et en bidonville au Secours catholique.
Depuis quelques jours, le gouvernement, les collectivités locales, et surtout les associations, se penchent sur ce volet encore peu médiatisé de l'épidémie de coronavirus. Dès lundi matin, les associations ont été rassurées: le gouvernement a confirmé que l'aide alimentaire figurait parmi les activités toujours autorisées après la fermeture de la plupart des commerces, souligne Magali Jacquemart, responsable de la communication des Restos du coeur.
Aujourd'hui, le gouvernement a d'ailleurs précisé que malgré la généralisation du confinement, les structures d'hébergement, qui accueillent 157.000 personnes, "ne sont ainsi pas concernées par la décision de fermeture des lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays". Afin d'éviter "des remises à la rue dans le contexte sanitaire actuel", l'exécutif a également repoussé la fin de la trêve hivernale du 31 mars au 31 mai.
Tous les deux jours, une réunion téléphonique a lieu entre la direction générale de la Cohésion sociale, qui mobilise 40 personnes à temps plein, les têtes de réseaux associatifs et le ministre de la Ville et du Logement, Julien Denormandie, précise le cabinet de ce dernier à La Tribune.
La mairie de Paris a pour sa part proposé à l'Etat "14 gymnases supplémentaires" pour l'accueil des personnes sans-abri, et "demandé que des chambres d'hôtel soient mises à disposition des associations pour accueillir les familles avec enfants".
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La région Ile-de-France compte instaurer un "fonds d'aide au tissu associatif pour Emmaüs, La Croix rouge, les Restos du coeur, etc", rapporte l'AFP.
Quant aux personnes éventuellement malades du Covid-19, mais ne nécessitant pas une hospitalisation, "autant que possible, elles seront prises en charge dans les structures d'hébergement elles-mêmes (chambres individuelles, possibilités d'isolement d'une partie du bâtiment)", précise le gouvernement. Mais puisque dans de nombreuses structures un tel confinement n'est pas possible, et pour accueillir les personnes malades encore à la rue, "des centres d'hébergement spécialisés pour malades non graves sont en cours de mise en place par les préfectures en lien avec les agences régionales de santé", assure l'exécutif.
Les deux premiers - dits "centres de desserrements"-, dotés de 150 places, sont censés ouvrir à Paris "dans les prochains jours", dont un avant vendredi.
Pour augmenter le nombre de places disponibles, le gouvernement négocie également avec les équipements publics et les hôtels qui sont vides.
Mais alors qu'en raison de la crise sanitaire les besoins des personnes sans abri croissent, les associations doivent faire face à une baisse de leurs moyens. "Nos activités reposent en grande partie sur l'aide de bénévoles âgés, que nous nous devons de protéger", parfois en leur demandant de se mettre en retrait, explique Jacques Bailet, président de la Fédération des banques alimentaires. Certains des bénévoles plus jeunes doivent garder leurs enfants...
Pour venir en aide, la mairie de Paris a ainsi mobilisé la restauration scolaire municipale afin qu'elle prépare "des repas quotidiens en soutien des associations humanitaires".
La Fédération des banques alimentaires invite d'ailleurs "les supermarchés non seulement à continuer de donner leurs invendus, mais également à les pré-trier", pour alléger le travail des bénévoles. Elle incite également les "associations partenaires à davantage mutualiser leurs moyens".
Mais la fédération espère également "que le gouvernement lance un appel aux gens désoeuvrés pour qu'ils viennent aider."
Les Restos du coeur franchissent d'ailleurs ce pas dès aujourd'hui, en lançant sur leur site national un appel à bénévoles. L'objectif est de leur confier des tâches simples, comme la préparation de colis ou la gestion d'appels téléphoniques, sous l'encadrement d'un bénévole plus expérimenté et dans le stricte respect des normes d'hygiène, explique Magali Jacquemart.
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«déplacements pour l'assistance aux personnes vulnérables».
Les Restos du coeur transmettront les candidatures à leurs structures locales, qui décideront si les accepter en fonction de leurs besoins et de leurs capacités, dans un tel moment de tension, à intégrer dans l'urgences de nouveaux personnels.César Armand et Giulietta Gamberini