Royaume-Uni : le taux de chômage au plus bas, les travailleurs pauvres toujours plus nombreux

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Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans.
Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans. (Crédits : HANNAH MCKAY)
Un rapport de la fondation Joseph Rowntree révèle que la pauvreté augmente chez les travailleurs britanniques, tandis que le taux de chômage est au plus bas depuis 45 ans. L'institution appelle le gouvernement à agir pour améliorer la sécurité et la qualité de l'emploi.

La pauvreté touche 14 millions de personnes au Royaume-Uni et augmente chez les travailleurs, les enfants et les retraités, relève une étude publiée vendredi.

Ce constat de la fondation Joseph Rowntree tranche avec les chiffres officiels qui font état d'un taux de chômage sous les 4%, au plus bas en 45 ans malgré le ralentissement de l'activité économique sur fond de Brexit.

Le rapport montre que nombre de travailleurs s'appauvrissent parce que leur rémunération et le nombre d'heures travaillées ne sont pas suffisants pour subsister.

Emplois précaires

Les emplois précaires sont le revers de la médaille d'un taux de chômage au plus bas, comme l'illustre le recours croissant aux contrats précaires tels que les contrats "zéro heure", qui ne garantissent aucun minimum horaire.

Au total, la moitié des individus touchés par la pauvreté vivent dans une famille de travailleurs, contre 39% il y a 20 ans.

Quelque 4 millions d'enfants et 2 millions de retraités vivent dans le dénuement, soit une hausse respective de 400.000 et 300.000 personnes au cours des cinq dernières années.

Les taux de pauvreté les plus élevés se trouvent à Londres, dans le nord et le centre de l'Angleterre, ainsi qu'au Pays de Galles. Ils sont les plus faibles dans le sud de l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande du Nord.

Selon les critères retenus par l'étude, une famille est considérée comme pauvre quand son revenu est inférieur de plus de 60% au revenu médian d'une famille similaire, une fois pris en compte le prix de l'immobilier.

Les pouvoirs publics appelés à réagir

La fondation Joseph Rowntree appelle le gouvernement à agir pour améliorer la sécurité et la qualité de l'emploi.

Elle explique que les aides sociales sont absolument essentielles pour lutter contre la pauvreté, tout comme le fait de rendre le logement plus abordable.

De son côté, la confédération syndicale TUC a appelé les pouvoirs publics à en finir avec les emplois les plus précaires.

"Les contrats zéro heure doivent être interdits et le salaire minimum doit atteindre immédiatement au moins 10 livres de l'heure", selon sa secrétaire générale Frances O'Grady.

Le gouvernement, qui va porter le salaire minimum à 8,72 livres l'heure à partir d'avril, martèle quant à lui que la lutte contre la pauvreté reste une priorité.

"Nous savons qu'avoir un emploi est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté [...]. Les salaires augmentent plus que l'inflation et l'extrême pauvreté est plus faible qu'en 2010", assure un porte-parole du ministère du Travail.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2020 à 16:19 :
ca serait bien d'avoir le profil des pauvres, ca donnerait une idee de ' ou ca va'
a écrit le 09/02/2020 à 16:11 :
Les différents gouvernements Torries enfument tout le monde avec leurs contrats zéro hours et leur brexit.....on le dit depuis des années, le taux de chômage officiel là bas ne veux plus rien dire ! Il est largement supérieur au notre ...
a écrit le 08/02/2020 à 20:22 :
Les anglais sont plus pragmatiques que les français. En France, on refuse d'accepter la pauvreté, on fait des lois pour "lutter" contre la pauvreté, lois qui ne font que l'accentuer sur le long terme. La pauvreté n'est pas une maladie, certaines personnes sont très heureuses d'être pauvres, alors acceptons là, et cessons de jeter de l'huile sur le feu avec nos délires sur "l'égalité".
Réponse de le 09/02/2020 à 15:01 :
"certaines personnes sont très heureuses d'être pauvres" dites vous. Comment peut on dire une telle ânerie ? Sans doute ne faites vous pas parti de ces "heureuses personnes" qui ont le privilège de connaitre le dénuement. L'essentiel est que leur présence ne vienne pas gâcher votre petite vie de nanti voire peut être même de rentier.
a écrit le 08/02/2020 à 18:10 :
Quel est le niveau de vie d'un "pauvre" en Grande Bretagne ? C'est aussi un biais statistique de considérer qu'on est "pauvre" uniquement quand on appartient à la masse de ceux dont le revenu est de 60% inférieur au revenu médian. Par définition, les retraités ont des revenus moindres que les actifs, dans des proportions très importantes. Et qu'aurait été la situation (toujours statistiquement parlant) si ces pauvres n'avaient pas eu ces emplois précaires avec les revenus attachés ? Pourquoi tant de migrants veulent-ils donc venir vivre en grande Bretagne, au péril de leur vie et des passeurs, dans des conditions de trajet épouvantables, et abonder la catégorie des "pauvres" ? Pourquoi avec tous ces "pauvres" et l'augmentation de leur nombre la Grande Bretagne était-elle contributeur net au budget de l'Union Européenne ? Qui exploite qui ?
a écrit le 08/02/2020 à 7:16 :
En fait, en période de plein emploi, on retrouve la physionomie d'une population normale, la pauvreté y compris. En France, l'assistance se traduit par un chômage plus élevé et un taux de pauvreté plus faible mais factice; visiblement, à voir le mouvement des Gilets Jaunes, nous n'en sommes pas plus heureux. Vivement le retour au plein emploi et son lot de pauvres, et, surtout, la foi en l'avenir!
a écrit le 08/02/2020 à 5:44 :
Peut on encore qualifier de travailleur, un journalier ( un contractuel zéro heure) qui faisait du reste les beaux jours du capitalisme du 19 ème siècle ou qui alimente l'économie informelle des pays en développement comme le + important l'Inde.
Il faut donc dire que la couronne britannique a une longue et riche expérience de ce type de relation de travail qui a contribué à la conduire au fait de sa puissance à l'orée du 20 ème siècle.
a écrit le 07/02/2020 à 19:56 :
Maintenant , ils utilisent un thermomètre qui fonctionne en pouces ou en pieds , ce qui pourrait expliquer le manque de précision . En définitif il vaut mieux être pauvre en France que dans ces pays a faible taux de chômage .
a écrit le 07/02/2020 à 19:39 :
données Eurostat sur la pauvreté des travailleurs en 2018 : moyenne UE de 9,5% ; 7,1% en France ; 9,1% en Allemagne ; 11,3% au UK ; 12,9% en Espagne ; 7% en Suède ; 7,3% en Suisse ; etc...
article du journal anglais The Guardian sur l'importance du chômage caché au UK ("Unemployment figures should be 3 millions higher, says research", The Guardian, 17/10/2019), basé sur une étude OCDE/Center for Cities.
un article The Guardian de 2013 laissait déjà entendre que les statistiques officielles de l'emploi britannique étaient pas mal surévaluées, en comparant avec les enquêtes d'organismes privés ("Do incorrect employment growth figures explain UK low productivity ?", The Guardian, 23/10/2013).
a écrit le 07/02/2020 à 18:32 :
Idem pour l'Allemagne qu'on nous montre toujours en exemple...sans même parler des US.
La fortune des riches ne peut se faire que sur la misère du plus grand nombre.
a écrit le 07/02/2020 à 16:20 :
Ce qui est intéressant en France c' est le taux de chômage réel et là on flirte avec les 20 % en réintégrant les travailleurs pauvres en sous-emploi. L' Allemagne et les lois Haartz ont généré le même sale résultat outre-rhin avec une montée en flèche de la pauvreté, à la Tatcher pour l' Angleterre.
a écrit le 07/02/2020 à 16:00 :
En gros, c'est ce que veut faire Penicaud et ce gouvernement ici .
a écrit le 07/02/2020 à 15:45 :
Quand on a moins de 4% de chômage et un taux de pauvreté supérieur à 20%, c'est qu'on a clairement trop tiré sur la corde du libéralisme. La Suisse est plus libérale que la France mais moins que le RU, et son taux de pauvreté est à 8% (France 13-14%). On serait donc tenté de penser que la Suisse a mis le curseur entre social et libéral pile au bon endroit. A l'inverse le RU est trop libéral, et la France pas assez.
Réponse de le 08/02/2020 à 6:02 :
Je pense que la Suisse n'est pas un ex. pertinent car elle pratique depuis des lustres l'immigration choisie et s'est orientée depuis des lustres vers une économie avec des emplois à forte valeur ajoutée tant ds les services que ds l'industrie, (avec par ex des procédures d'auto limitation des importations agricoles pour protéger les revenus et les débouchés de ses agriculteurs ) compensant ainsi largement son handicap géographique.
Ds une économie protégée aussi diversifiée et riche, le curseur à droite ou à gauche a peu d'importance, puisqu'il y a largement de la place pour tt le monde.

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