Coronavirus : le budget de l'Etat va en prendre un coup, la consommation aussi

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(Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
Consommation, investissements et exportations en berne, inflation au plancher: le gouvernement a présenté mercredi un projet de loi de finances rectificative lourdement affecté par le coronavirus, avec des recettes fiscales amputées de 10,7 milliards d'euros en 2020.

Le contrecoup économique du coronavirus s'annonce difficile. Après avoir averti que la France allait plonger dans la récession, avec de larges pans de l'activité économique et de très nombreuses entreprises à l'arrêt pour plusieurs semaines, le gouvernement a drastiquement révisé les paramètres du budget de l'Etat pour cette année, selon le projet de loi obtenu par l'AFP de source parlementaire.

La consommation des ménages, "le principal canal par lequel les mesures d'endiguement du coronavirus affecteraient l'économie", chuterait de 2%, soit deux fois plus que la diminution envisagée du Produit intérieur brut (PIB) en 2020. "La consommation subirait une baisse marquée et temporaire, cette baisse se concentrant en priorité sur certains secteurs, au premier rang desquels l'hébergement et la restauration, les loisirs et la culture, les transports ainsi que sur d'autres secteurs dont la consommation n'est pas indispensable", détaille le document.

Le ministère de l'Economie et des Finances et celui des Comptes publics avertissent également que la crise que traverse le pays n'épargnera pas l'emploi. "La baisse de l'activité aurait un impact négatif sur l'emploi et sur la masse salariale, compensé en partie par les mesures de chômage partiel et d'indemnisation prises par le gouvernement", prévient le projet de loi. Par ailleurs, l'investissement "serait affecté par le ralentissement général de l'activité, ainsi que par la hausse progressive du coût du financement des entreprises", bien qu'atténué par les mesures prises par le gouvernement pour faciliter l'accès au crédit.

Lire aussi : Crédit aux entreprises touchées par le coronavirus : "Il faut que les banques jouent le jeu" (Darmanin)

Les exportations françaises vont elle aussi souffrir, les mesures prises pour ralentir la propagation de l'épidémie entraînant "un effet négatif très prononcé sur l'activité des autres pays et ainsi, sur la demande mondiale adressée à la France", prévoit encore le gouvernement. Dans un tel contexte, l'inflation, qui était de 1,1% en 2019 et ainsi déjà éloignée du niveau proche mais inférieur à 2% que souhaitait en théorie la Banque centrale européenne, tomberait cette année à 0,6%. Elle subirait "l'effet de la baisse prononcée des prix du pétrole" et "plus largement de la dégradation des perspectives de croissance mondiale et du désaccord entre la Russie et l'OPEP pour limiter la production".

Comptes publics dégradés

Pour les finances publiques, la forte détérioration de la conjoncture, qui devrait entraîner une chute du produit intérieur brut (PIB) de 1% cette année, se traduirait par une baisse de 10,7 milliards d'euros des recettes fiscales nettes, par rapport à celles prévues en loi de finances initiale, toujours selon le projet de loi. Dans le détail, l'impôt sur les sociétés, qui est assis sur leurs bénéfices, devrait rapporter 6,6 milliards d'euros de moins qu'initialement anticipé, tandis que les recettes de la TVA, qui dépendent avant tout de la consommation, devraient diminuer de 2,2 milliards, et celles de l'impôt sur le revenu de 1,4 milliard.

Et avec des dépenses de l'Etat qui vont se creuser de 6,3 milliards d'euros, le solde de son budget général va se dégrader de 15,4 milliards d'euros, a prévu Bercy. Les services des ministères de l'Economie et des Finances et de l'Action et des Comptes publics reconnaissent toutefois être dans "l'impossibilité d'évaluer avec précision à ce stade la durée des mesures nécessaires pour juguler l'épidémie, ainsi que la persistance dans le temps des effets économiques de l'épidémie sur le territoire national".

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait déjà prévenu mardi que le déficit public, prévu à 2,2% du PIB pour cette année dans le projet de loi de finances adopté à l'automne, serait finalement de 3,9%, très au-delà de la limite de 3% du PIB prévue par les traités européens. Avec des recettes en moins et des dépenses en plus, la dette publique passera au-dessus de la barre des 100% du PIB, a aussi prévenu le gouvernement, dont les prévisions tablent sur un rebond de l'activité au second semestre.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2020 à 2:26 :
Depuis Mai 1981, Désinvolture ABSOLUE, des gouvernements FR cigale, en recettes-dépenses-dette, qui ne respectent Pas le bien public.
Contrairement à d'autres fourmi en Eur, qui EUX ont des marges, leur permettant de faire face, sans défictit et endettements.
a écrit le 18/03/2020 à 18:49 :
Et qu'en disent nos éminents économistes "trusteurs" de plateau télé ? Qu'ont ils vu venir? Que voient ils pour le Futur ? Rien? Et pourtant la Bourse poudroie et le spectre de la Récession rougeole.
Les ordo-economistes ont tout faux pour la bonne raison qu'il est présomptueux de prédire l'avenir.
L'économie est tout juste bonne à expliquer (en long, en large, et en/de travers) après coup ce qui s'est passé. L'économie autre que la gestion en "bon père de famille" est...une arnaque !
a écrit le 18/03/2020 à 18:38 :
Manque à la liste des pertes pour l'état français les pertes de la BPI.. et cela va vraiment cogner!

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