Coup de frein sur la croissance française au premier trimestre

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Ce coup de mou de la croissance ne remet toutefois pas en cause à ce stade l'acquis de croissance pour 2018 -- c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l'activité stagnait d'ici à la fin de l'année. Selon l'Insee, ce dernier se maintient à 1,2%, en raison de la dynamique héritée de l'année 2017, marquée par une croissance soutenue (2,2%, soit le plus haut niveau depuis 10 ans).
Ce coup de mou de la croissance ne remet toutefois pas en cause à ce stade l'"acquis de croissance" pour 2018 -- c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait si l'activité stagnait d'ici à la fin de l'année. Selon l'Insee, ce dernier se maintient à 1,2%, en raison de la dynamique héritée de l'année 2017, marquée par une croissance soutenue (2,2%, soit le plus haut niveau depuis 10 ans). (Crédits : Reuters)
La croissance a ralenti au premier trimestre à 0,2%, après 0,7% au dernier trimestre 2017, provoquant quelques inquiétudes. Le gouvernement d'Édouard Philippe, dans son programme de stabilité budgétaire publié mi-avril, a dit parier sur une croissance de 2% cette année. Les derniers chiffres montrent que les prévisions de l'exécutif pourraient être bien optimistes.

Le ralentissement de l'économie française se confirme. Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce mercredi 30 mai, le produit intérieur brut en volume a ralenti pour s'élever à 0,2% sur les trois premiers mois de l'année, après 0,7% au dernier trimestre 2017. L'institut de statistiques a ainsi révisé ses chiffres de croissance à la baisse par rapport à sa première estimation. L'augmentation du PIB de la France était initialement prévue à 0,3%. Cette baisse est à mettre en regard d'une croissance encore plus robuste qu'estimée pour les trimestres précédents. Si la croissance du dernier trimestre 2017 a été confirmée à 0,7%, les trois autres trimestres ont connu des révisions favorables à 0,8% pour le premier trimestre et à 0,7% pour les deux suivants). Ce freinage apparaît très brutal, mais il représente plutôt "un contrecoup, une respiration après une fin d'année 2017 très dynamique", a estimé le directeur général de l'Insee, Jean-Luc Tavernier, mercredi matin lors d'une audition par la commission des finances de l'Assemblée.

> Lire aussiCroissance : Macron la chance, cela va-t-il durer ?

Baisse de l'investissement

Ce coup de mou s'explique par un ralentissement de l'investissement des entreprises et  de la consommation des ménages. Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,1% entre janvier et mars, alors qu'elles avaient augmenté de 0,2% lors des trois mois précédents.

La consommation en biens est "en léger repli" pour le deuxième trimestre consécutif tandis que celle en services "ralentit légèrement", précise l'organisme public, qui qualifie les dépenses des ménages d'"atones". Les investissements des entreprises se sont de leur côté effondrés, pour atteindre +0,1% au lieu du 0,5% jusque-là annoncés. "Ce ralentissement est principalement dû au repli de l'investissement en biens manufacturés (−1,3% après +1,6% au dernier trimestre 2017)", précise l'Insee.

D'après l'institut public, l'investissement des ménages a lui aussi marqué le pas, avec une croissance de 0,2% contre +0,6% au trimestre précédent, "en raison d'un ralentissement dans le secteur de la construction". Le commerce extérieur, qui s'était fortement redressé entre octobre et décembre, a quant à lui eu un effet nul sur la croissance: les exportations ont ainsi en effet reculé de 0,3% (après +2,3%), mais les importations ont connu une dynamique similaire (-0,3%, après +0,1%).

La consommation de biens recule en avril

L'institut de statistiques a également expliqué que les dépenses de consommation des ménages en biens ont reculé au mois d'avril de 1,5%. La consommation d'énergie s'est nettement repliée tout comme les achats alimentaires. En ce qui concerne l'énergie (−5,4 % après −0,9 %), les dépenses de chauffage ont nettement baissé en raison de températures supérieures aux normales saisonnières en avril, après des mois de février et mars froids. Du côté des produits raffinés, les dépenses en gazole ont diminué alors que celles en essence ont progressé.

Tendance baissière du chômage

La tendance du chômage reste à la baisse en France malgré la remontée de son taux au premier trimestre, a déclaré mercredi le directeur général de l'Insee, Jean-Luc Tavernier. L'institut a fait état la semaine passée d'une remontée de 0,3 point du taux de chômage au sens du Bureau international du travail au premier trimestre en France métropolitaine, à 8,9%, après une baisse historique de 0,8 point au dernier trimestre 2017. En incluant les départements d'Outre-mer (hors Mayotte), il a rebondi de 0,2 point à 9,0%.

"Il y a eu une petite hausse inattendue au troisième trimestre et une très forte baisse au quatrième, historique. Ça appelait une petite correction, une remontée au premier trimestre qui ne nous inquiète pas", a dit Jean-Luc Tavernier lors d'une audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

"On continue de penser que la tendance sur le chômage est baissière, au-delà des aléas de l'enquête au trimestre le trimestre", a-t-il ajouté en soulignant que le rythme des créations d'emploi dans le secteur privé, un autre chiffre diffusé par l'Insee, était resté dynamique au premier trimestre.

> Lire aussi : Emploi : un premier trimestre au ralenti

Jean-Luc Tavernier a reconnu que l'enquête de l'Insee sur l'emploi, à partir duquel le taux de chômage est calculé chaque trimestre, était "un peu chahutée" au vu des dernières publications, "pour des raisons que nous n'avons pas encore identifiées tant du point de vue de la collecte que de l'exploitation des données".

(Avec agences)

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a écrit le 31/05/2018 à 21:28 :
Suffit de faire le plein pour se rendre compte que ça va pas durer ... quand le gasoil passe de 1€ à 1,50€ en moins d’un an c’est autant de moins en consommation , un gouffre financier pour les routiers et les industriels du coup tout repart à la baisse . Et collez à tout ça un taux de prélèvements records et toutes les conditions sont réunies pour un effondrement
a écrit le 31/05/2018 à 20:10 :
Non, les investissements des entreprises ne se sont pas "effondrés". Vous indiquez qu'ils ont augmenté de +0,1%, ce qui est peu, mais qui n'est pas un effondrement (un effondrement correspondrait à une variation négative, alors que ces investissements sont, en réalité, un peu plus élevés que le trimestre précédent).
a écrit le 31/05/2018 à 18:41 :
Pôvre Macron🤧 il a tout faux mais ce n'est pas grave il continue à foncer en klaxonnant 😂😎
a écrit le 31/05/2018 à 13:11 :
C’est le constat à court terme, entre climat, sentiments et finance. Il faut bien sur analyser les perspectives sur le long terme : http://www.oecd.org/fr/eco/perspectives/La-croissance-s-affermit-mais-des-risques-assombrissent-l-horizon-ocde-perspectives-economiques-mai-2018.pdf

Reste que l’équation semble difficile, voire impossible à résoudre.

Il y a l’incidence du « climat de confiance» que le président essaye de restaurer, tout en enclenchant des réformes qui incitent à la méfiance, justement par manque de visibilité. (mais il faut bien commencer par quelque part). Les entreprises étant tributaires de la demande autant que du contexte, elles n’investissent habituellement que s’il y a retour sur investissement.

La suite risque d’être désagréable si les taux d’intérêt augmentent, la situation actuelle étant historiquement exceptionnelle. Les taux augmenteront si l’inflation augmente, elle dépasse les 2 % en Allemagne. La politique de Trump étant également inflationniste… si les prix du pétrole continuent à augmenter avec le dollar, cela rajoutera de nouvelles incertitudes.

Cela nous ramène au problème des déficits. Ce n’est pas l’UE c’est nous (l’UE est actuellement conciliante, a d’autres chats à fouetter vu les risques en Italie et le brexit).

Déficits qui obligent à une augmentation des taxes, ou à une réduction des dépenses (ou a payer des intérêts, mais quel est l’intérêt ?)
- Côté impôts il semblerait qu’on ait fait le plein, bien-sûr on peut toujours en affiner la répartition.
- Côté dépenses, après le constat de difficulté à reformer et si l'optimisation des services publics et autres millefeuilles échouait, il ne resterait que la solution de réduire les dépenses sociales. Ce qui risque d’avoir comme effet immédiat de faire baisser la consommation, puisque les plus démunis ne peuvent dépenser que ce qu’ils perçoivent. Accessoirement cela ferait monter le populisme, ce qui nous renvoie au « sentiment » d’équité et de justice sociale.

Des équilibres sont à trouver dans l’égalitaire, d’autant plus qu’ils peuvent participer à la croissance : http://www.oecd.org/fr/presse/les-politiques-favorables-a-la-famille-constituent-l-un-des-principaux-moteurs-de-la-croissance-economique.htm

Quand à l’emploi, c’est à la fois une source d’expansion pour les emplois les plus qualifiés, qu’une variable d’ajustement en cas de moindre valeur ajoutée, ou d’inadéquation sectorielle ou cyclique.
A terme, les gains de productivité et d'automatisation condamnant la continuité et l’excès de travail

On peut aussi compenser par les exportations, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain et implique d’aller surfer sur la croissance des continents en phase de développement, dont l’Asie et l’Afrique.
L’unilatéralisme du président Trump et de la guerre commerciale qu’il déclenche ne vont pas favoriser les échanges commerciaux. Il adopte clairement le rapport de force et pourquoi se gênerait-il ? puisque en face il n’a qu’une Europe désunie, ou chaque pays semble surtout obsédé par des querelles de quotas de migrants, plus que par la cohésion économique. Sans compter les effets de concurrence interne.
Si les USA relâchant aussi les contraintes régulatrices de la finance, on risque de voir arriver une nouvelle crise. Ce qui devrait inciter à conforter et à stabiliser l’UE pour résister aux nouveaux désordres à venir (The Economist : (https://media.economist.com/news/leaders/21743086-american-executives-are-betting-president-good-business-not-long-run-why)
(https://www.latribune.fr/economie/international/etats-unis-pourquoi-donald-trump-mise-tout-sur-la-finance-deregulee-616373.html).
a écrit le 31/05/2018 à 12:25 :
plus on me prélève , moins je dépense ; c'est pas plus compliqué ;
a écrit le 31/05/2018 à 11:07 :
Cette faible croissance ,c'est un manque a gagner pour l'état au niveau des recettes fiscales.Il faut s'attendre a une prolifération de nouvelles taxes et autres impots déguisés.
a écrit le 31/05/2018 à 10:19 :
Hausse des impôts, du pétrole , pas besoin de chercher ailleurs.
a écrit le 31/05/2018 à 9:06 :
Ce qu'il faut apprécier dans cet article, ce sont les commentaires de Jean-Luc Tavernier qui résument le "macronisme": De la "Com"à en vomir.
a écrit le 31/05/2018 à 8:31 :
Augmentation du chômage, baisse de la croissance, explosion des inégalités le "miracle" macron aura duré seulement un trimestre, retour à la réalité de la servilité oligarchique de notre président et des conséquences dramatiques lui étant inhérente.

Comment relancer l'économie en prenant l'argent à ceux qui consomment pour le donner à ceux qui fraudent les impôts ?

Là faut m'expliquer...
a écrit le 31/05/2018 à 8:04 :
Résumons : le Portugal qui va à l'encontre des préconisations UE/FMI/Doxa va mieux alors que la France qui les observe s'enlise.
Heureusement nos savants politique et leurs fidèles experts sauront nous prouver que ce se ne sont pas leurs recettes qui sont mauvaises: ce sont les faits qui s'obstinent dans l'erreur.
Idem pour les théoriciens du ruissellement.
a écrit le 31/05/2018 à 7:44 :
Créons un indice de croissance sur l augmentation des taxes et des impots et la tout ira mieux, nous aurons une croissance à deux chiffres
a écrit le 31/05/2018 à 3:09 :
La methode "Coue". Une invention bien francaise.
a écrit le 30/05/2018 à 20:37 :
Ce fut un feu de paille.
a écrit le 30/05/2018 à 18:42 :
Il faut espérer que la croissance économique en France et dans l'EU reparte mais avec les choix du gouvernement, j'en doute.....taxes sur les carburants en hausse, frais kilométrique pour les impôts gelés depuis 4 ans = hausse des impôts, délire anti-bagnoles, etc......Mr Macron est trop sûr de lui et il devrait redescendre sur terre.....si l'économie ne part pas, cela va faire mal.
a écrit le 30/05/2018 à 17:44 :
Le coq de l'Elysée va-t-il descendre de son tas d'énarques pour nous convaincre que l'INSEE n'a pas les bons chiffres?
Réponse de le 30/05/2018 à 18:05 :
:)
:)
:)
Réponse de le 30/05/2018 à 19:04 :
Le problème c'est que quand les chiffres de l'INSEE sont bons, c'est les internautes auto-proclamé experts qui contestent l'INSEE.
a écrit le 30/05/2018 à 17:08 :
Résultats qui ne prennent pas en compte la hausse des produits pétroliers depuis 3 mois. Vu que notre gouvernement d’élites, nous a en plus, gratifié d’une hausse des taxes sur le diesel, l’essence le fioul domestique, dites écologiques, il ne faut pas s’étonner de l’impact négatif sur la croissance.
Tant que les indices INSEE ne prendront pas en compte les frais fixes, le pouvoir d’achat ne représentera pas la réalité offerte au citoyen. Il ne faut pas sortir de polytechnique ou de l’ENA pour le comprendre….
Réponse de le 30/05/2018 à 17:41 :
Tant que les indices INSEE ne prendront pas en compte les frais fixes, le pouvoir d’achat ne représentera pas la réalité offerte au citoyen. Il ne faut pas sortir de polytechnique ou de l’ENA pour le comprendre… /// Justement, il faut être sorti de polytechnique ou de l'ENA pour ne pas le comprendre... ///

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