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Crise du bio : la FNSEA réclame « 50 à 100 millions d’euros » à l’Etat pour aider les agriculteurs

latribune.fr

Publié le 14 avril 2023 à 10:33 - Mis à jour le 14 avril 2023 à 16:45

Un agriculteur travaille dans un champ entoure de pylones electriques a ratcliffe-on-soar, en angleterre

Arnaud Rousseau estime que l'Etat ne fait pas assez pour aider les agriculteurs bio dans une période de crise.

Darren Staples

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Ce vendredi, Arnaud Rousseau, le nouveau président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) a appelé le gouvernement à verser « 50 à 100 millions d'euros » aux agriculteurs bio pour les aider. Le bio a connu une baisse de 7,4% de ses ventes en grandes surfaces en 2022, menaçant les 60.000 agriculteurs convertis.

Première déclaration forte pour le nouveau président du syndicat agricole majoritaire FNSEA. Au micro de France Info ce vendredi 14 avril, Arnaud Rousseau a appelé l'Etat à venir au secours des agriculteurs bio. Pour ce faire, il a réclamé la mise en place d'une aide d'urgence, d'un montant total compris entre 50 et 100 millions d'euros. Pour justifier cette somme, il affirme que les producteurs bio qui « traversent une crise sans précédent ».

«Il est urgent d'aider les producteurs bio qui sont en ce moment dans une difficulté majeure» et il faut «un plan massif», a plaidé le patron de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles.

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Inflation : les ventes de produits bio s'effondrent

« Le gouvernement l'a fait quand il s'est agi d'aider les viticulteurs après le gel (à hauteur de 300 millions d'euros) ou d'aider les producteurs porcins en pleine crise (270 millions). Il faut aider le bio et le projet qui a été annoncé d'une dizaine de millions d'euros n'est pas à la hauteur de l'enjeu », a-t-il taclé.

Une aide publique de dix millions d'euros

« Il faut sortir 50 à 100 millions d'euros rapidement (...). Si on veut une agriculture biologique de proximité, l'objectif ce n'est pas d'importer des produits bio, c'est de les faire chez nous », a également lâché le représentant agricole.

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Le montant de dix millions d'euros, annoncé par Matignon lors du Salon de l'agriculture fin février, avait été jugé « anecdotique », voire « méprisant » par la filière bio. Alors présidente de la FNSEA, Christiane Lambert avait appelé l'Etat à l'exemplarité, en introduisant « le bio à hauteur de 20% dans les cantines » et à soutenir « une montée en puissance » de ce type d'agriculture plus écologique.

Crise de la demande

La filière bio traverse une crise inédite. Le marché s'est retourné après dix ans d'une croissance à deux chiffres, qui avait dopé les conversions d'agriculteurs conventionnels vers cette production sans pesticides ni engrais chimiques. L'offre bio excède désormais la demande, avec un recul des ventes de 7,4% en grandes surfaces en 2022, selon le panéliste NielsenIQ, poussant des producteurs à jeter l'éponge.

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«Aujourd'hui, on assiste à un Big Bang du marché bio. Jusqu'ici, il n'y avait pas assez de produits pour toute la demande de bio. Désormais, la France est la première nation productrice en Europe avec 2,8 millions d'hectares alloués à l'agriculture biologique. Nous pourrions faire « cocorico », mais au moment où on arrive à l'autosuffisance, la demande disparaît», expliquait la directrice de l'Agence bio, Laure Verdeau àLa Tribunefin décembre.

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Crise du bio : « La demande disparaît, au moment où on arrive à l'autosuffisance »

Pour la directrice de l'Agence bio, la baisse de consommation de produits bio est « avant tout un effet psychologique de la perception du bio comme produit cher ».

«C'est embêtant parce que ce n'est pas vrai, il y n'y a pas qu'un prix du bio, il y a plusieurs prix selon les circuits de vente.L'autre raison est liée à la période post-Covid : les gens veulent s'acheter des billets d'avion et de train, parce qu'ils ont été séquestrés deux ans à cause de l'épidémie. Dès 2021, on a eu des changements de consommation colossaux. Cette année, il y a la crainte du pouvoir d'achat, alors que l'inflation sur le bio est plus faible que celle sur les produits conventionnels», a-t-elle affirmé.

60.000 producteurs menacés

L'agriculture biologique compte quelque 60.000 producteurs sur 10% des surfaces cultivées en France, avec un objectif de passer à 18% des surfaces en 2027, puis 25% d'ici 2030. « Avant de viser les 18%, sauvons déjà les entreprises qui en ce moment sont dans une difficulté majeure », a insisté le nouveau président de la FNSEA.

Pour Laure Verdeau, la clé pour faire redémarrer l'économie du bio est la sensibilisation des consommateurs : « Ce qui nous alerte encore plus est le fait qu'il y ait plus d'un Français sur deux qui estime ne pas être assez informé sur le bio. Pour être une démocratie alimentaire et que les gens votent avec leur porte-monnaie et leur chariot, il faut qu'ils soient informés. »

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La FNSEA plaide pour un « chèque alimentaire »

Ce vendredi, Arnaud Rousseau s'est prononcé en faveur de la création d'un dispositif de « un chèque alimentaire », clamant son hostilité au « panier anti-inflation », qui pèse, in fine, sur les producteurs en tirant les prix vers le bas.

Si les Français veulent demain une alimentation française et de qualité dans leur assiette, ce qui est de moins en moins le cas, alors il faut accepter d'en payer le prix, a déclaré le céréalier et industriel des huiles à la radio France Info. « En revanche, nous ne sommes pas favorables au panier anti-inflation parce qu'à nouveau, il exerce une pression à la baisse sur les prix des producteurs français », a-t-il expliqué.

« Le problème de fond est qu'on a délégué notre souveraineté à d'autres pays et l'inflation a explosé depuis que le conflit russo-ukrainien a fait monter, parce que nous n'avons ni l'énergie ni l'alimentation, très sensiblement les prix », a-t-il poursuivi.

« Voir mes compatriotes ne pas être toujours en capacité de se nourrir, c'est un vrai problème, et c'est la raison pour laquelle on a proposé au gouvernement un chèque alimentaire », chiffré à « 1 à 3 euros par jour, ciblé sur ceux qui en ont le plus besoin », a-t-il rappelé.

La FNSEA défend depuis longtemps ce dispositif, qui, selon elle, soulagerait les ménages les plus modestes tout en favorisant des produits français, frais et de qualité. « Le chèque alimentaire ne se fait pas, j'imagine, parce que [le ministre de l'Economie] Bruno Le Maire considère que cela coûte trop cher à la Nation », a estimé Arnaud Rousseau.

(Avec AFP)

latribune.fr

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