LA TRIBUNE - Pourquoi consacrer ce rapport d'orientation, baptisé « Entreprendre en Agriculture : notre projet, notre futur ! », à l'enjeu démographique auquel est, d'ores et déjà, consacré le monde agricole en France ?
Christiane LAMBERT - Dans les dix années à venir, 30 à 40% des agriculteurs vont quitter la profession. Autrement dit, ils sont 150.000 à pouvoir faire valoir leur droit à la retraite. Il y a donc une nécessité de renforcer l'ouverture et l'attractivité de la profession afin d'attirer des jeunes pour devenir chefs d'exploitation ou salariés. Il n'y a, aujourd'hui, plus assez de filles et de fils d'agriculteurs pour reprendre la suite de leurs parents, mais de plus en plus de personnes, avec de nouveaux profils venus d'ailleurs, sont intéressées. Ils ont l'envie d'exercer un métier de création et de sens dans une entreprise qui a du sens.
Nous avons donc besoin de bras, de projets économiques, mais aussi d'une politique agricole qui se donne les moyens. Or, nous dressons le triste constat que l'agriculture française dévie. On perd en moyens de production, on produit moins et les réglementations sont de plus en plus compliquées. Quand d'autres pays foncent, nous faisons du sur place, dans certains domaines, nous régressons même. Nous l'avons dit aux pouvoirs publics : « la France est partie sur une mauvaise pente. Vous avez la responsabilité de redonner de la confiance et des perspectives au secteur agricole ».