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Spatial : le vaisseau de Boeing, Starliner, doit décoller avec des astronautes à son bord pour la première fois

latribune.fr

Publié le 06 mai 2024 à 08:27 - Mis à jour le 06 mai 2024 à 08:27

Après des années de déboires et de reports, le vaisseau Starliner de Boeing doit pour la première fois s'envoler ce lundi (photo d'archives).

Après des années de déboires et de reports, le vaisseau Starliner de Boeing doit pour la première fois s'envoler ce lundi (photo d'archives).

STEVE NESIUS

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Starliner, le vaisseau de Boeing, doit décoller ce lundi avec des hommes à son bord pour rejoindre la Station spatiale internationale. C'est la sixième fois que des astronautes monteront dans un nouveau vaisseau, alors que la NASA a de plus en plus recours à des entreprises privées.

Mission décollage. Après des années de déboires et de reports, le vaisseau Starliner de Boeing doit pour la première fois s'envoler lundi avec des astronautes à bord. Direction la Station spatiale internationale, pour ainsi rejoindre le club très privé des vaisseaux spatiaux ayant transporté des humains.

Les astronautes américains Butch Wilmore et Suni Williams doivent décoller ce lundi à 22h34 de Cap Canaveral en Floride (mardi 04h34 heure de Paris) à bord de la capsule Starliner, qui sera propulsée en orbite par une fusée Atlas V du groupe ULA. Et la météo s'annonce très favorable. Ces vétérans de l'espace, tous deux venus de l'US Navy, se sont chacun déjà rendus deux fois dans l'ISS, à bord d'une navette spatiale puis d'un vaisseau russe Soyouz.

Mais cette fois, «tout est nouveau, tout est unique, le vaisseau lui-même, la façon dont il vole», a souligné Butch Wilmore. «Je ne crois pas qu'aucun de nous ait jamais osé rêver être associé au premier vol d'un tout nouveau vaisseau», s'est-il réjoui.

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Mauvaises surprises

Une fois dans l'espace, les astronautes piloteront temporairement le vaisseau manuellement, afin de valider le fonctionnement de ce mode. Starliner doit ensuite s'amarrer à l'ISS mercredi vers 07h00, heure de Paris, et y rester un peu plus d'une semaine. De nouveaux tests seront réalisés, puis les deux astronautes repartiront avec lui vers la Terre.

La réussite de cette mission viendrait clore sur une bonne note le programme de développement du vaisseau, une saga marquée par les mauvaises surprises. En effet, en 2019, lors d'un premier test sans équipage, la capsule n'avait pas pu être placée sur la bonne trajectoire et était revenue sans atteindre l'ISS. Puis en 2021, alors que la fusée se trouvait sur le pas de tir pour retenter le vol, un problème de valves bloquées sur la capsule avait encore entraîné un report. Le vaisseau vide avait finalement réussi à atteindre l'ISS en mai 2022.

Désormais, le premier vol avec équipage doit permettre de certifier la capsule, pour qu'elle commence ensuite son rôle de « taxi » vers l'ISS. Boeing avait espéré pouvoir réaliser ce premier vol habité dès 2022, mais des problèmes découverts tardivement, notamment sur les parachutes freinant la capsule lors de son retour dans l'atmosphère terrestre, avaient de nouveau engendré des retards.

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« Il y a eu un certain nombre de choses qui ont été des surprises, que nous avons dû surmonter », a déclaré lors d'une conférence de presse Mark Nappi, responsable chez Boeing. Mais « cela a rendu nos équipes très fortes, et fières de la façon dont elles ont vaincu chaque problème ».  « Il est assez classique que le développement d'un véhicule spatial pour humains prenne dix ans », a-t-il ajouté. Les astronautes, tout comme Boeing et la Nasa, s'attendent néanmoins à ce que de nouveaux imprévus ponctuent cette mission, qui a pour but de déceler s'il reste un grain de sable.

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Contrats privés avec la Nasa

«Dans l'histoire des vols spatiaux américains, ce sera seulement la sixième fois que des astronautes de la Nasa voleront dans un nouveau vaisseau», a souligné Jim Free, administrateur associé à la Nasa.

Et pour cause, la capsule Dragon de SpaceX avait déjà rejoint cette liste en 2020, dans le sillage des programmes Mercury, Gemini, Apollo et des navettes spatiales. Boeing joue gros sur cette ultime mission test, qui doit lui permettre de démontrer que son vaisseau est sûr avant de commencer les missions régulières vers la Station spatiale (ISS), avec déjà quatre ans de retard sur SpaceX. Une fois Starliner opérationnel, la Nasa souhaite alterner entre les vols de SpaceX et Boeing pour acheminer ses astronautes jusqu'à l'ISS.

«Tout le monde pensait que Boeing allait y arriver en premier »,a rappelé à l'AFP Erik Seedhouse, professeur associé à l'université d'aéronautique Embry-Riddle. «Que SpaceX réussisse bien avant Starliner était très embarrassant pour Boeing».

Pour la Nasa, qui a commandé ce véhicule il y a dix ans, l'enjeu aussi est grand : avoir un deuxième véhicule en plus de celui de SpaceX pour transporter les astronautes américains « est très important », a souligné Dana Weigel, chargée du programme de l'ISS. Cette capacité permettra de pouvoir mieux répondre à « différents scénarios » d'urgence, par exemple en cas de problème sur l'un des vaisseaux, a-t-elle expliqué.

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En 2014, l'agence spatiale avait passé un contrat de 4,2 milliards avec Boeing et de 2,6 milliards avec SpaceX pour le développement de ces vaisseaux. La NASA a recours de plus en plus aux entreprises privées. En effet, pendant la Guerre froide, l'agence spatiale américaine dépensait sans compter et se chargeait de superviser chaque mission jusqu'au dernier écrou. Le nouveau paradigme adopté parie lui sur l'économie de marché et la concurrence entre entreprises, afin d'accomplir des exploits pour une fraction seulement des coûts passés.

Alors que l'ISS doit être mise à la retraite en 2030, Starliner comme Dragon pourraient ensuite servir à acheminer des humains vers de futures stations spatiales privées, que plusieurs entreprises prévoient déjà de construire.

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Le club très privé des vaisseaux spatiaux transportant des astronautes

Depuis les débuts de l'exploration spatiale américaine, seule une poignée de vaisseaux ont eu l'honneur de transporter des humains. Dans quelques jours, le vaisseau Starliner de Boeing viendra rejoindre ce club très fermé. A cette occasion, bref retour sur l'évolution de ces véhicules hors du commun.

  • Mercury

Premier programme spatial américain destiné à envoyer des humains dans l'espace, Mercury est né en 1958 au moment de la création de la Nasa. Ce premier vaisseau, déjà une capsule en forme de cône, n'était conçu que pour une seule personne. En mai 1961, Alan Shepard devient le premier Américain à se rendre dans l'espace à son bord, lors d'un vol d'un peu plus de 15 minutes, environ un mois après le Russe Iouri Gagarine, premier homme dans l'espace.

  • Gemini

Le programme Gemini, qui devait préparer les missions sur la Lune, a fait voler dix missions habitées - c'est-à-dire avec un équipage, en 1965 et 1966. La capsule ressemblait à celle de Mercury, en plus grand : elle pouvait accueillir deux personnes (d'où le nom Gemini). Pour la première fois, elle était équipée d'un ordinateur de bord et pouvait changer d'orbite. La première sortie spatiale d'un Américain a lieu durant ce programme. Des manœuvres d'amarrage sont également effectuées.

  • Apollo

Le programme Apollo a compté 11 missions habitées, dont six ayant permis à 12 hommes de marcher sur la Lune, entre 1969 et 1972.  Quoique mythique, il a aussi été marqué par la tragédie : en 1967, lors d'un test au sol avant la première mission, trois astronautes meurent dans un incendie. La mission Apollo 13 manque quant à elle de tourner à la catastrophe après une explosion en vol. Le module de commande du vaisseau, qui abritait l'équipage, pouvait accueillir trois astronautes.

« Si vous regardez à l'intérieur de Gemini, Mercury et Apollo, vous voyez littéralement des centaines d'interrupteurs et de boutons », quand aujourd'hui les astronautes se servent d'écrans, décrit à l'AFP Erik Seedhouse, professeur associé à l'université d'aéronautique Embry-Riddle.

  • Navette spatiale

Les vols de la navette spatiale, dont cinq exemplaires sont allés dans l'espace, s'étendent de 1981 à 2011, avec 135 missions. Son innovation principale est qu'elle est, pour la première fois, réutilisable. Elle décolle à la verticale mais atterrit sur une piste comme un avion.

Elle est bien plus grande que ses prédécesseurs, étant notamment utilisée pour emporter les éléments servant à construire la Station spatiale internationale (ISS). Elle a emmené jusqu'à huit personnes d'un coup dans l'espace.

Elle a aussi connu deux accidents dramatiques : en 1986, la navette Challenger explose juste après son décollage, puis en 2003, la navette Columbia se désintègre en rentrant dans l'atmosphère. Chaque fois, les sept passagers sont tués.

  • Dragon et Starliner

Après la fin de la navette spatiale en 2011, les astronautes de la Nasa utilisent les vaisseaux russes Soyouz pour rejoindre l'ISS. Pour à nouveau assurer leur transport depuis le sol américain, en 2014, la Nasa passe contrat avec Boeing et SpaceX afin qu'ils construisent chacun un vaisseau, en visant alors une première mission en 2017. SpaceX développe la capsule Dragon et commence les trajets en 2020, battant contre toute attente le géant Boeing. Des dizaines de personnes ont déjà volé avec Dragon, lors de missions de la Nasa mais aussi privées.

Aujourd'hui « presque tous les systèmes sont automatisés », les astronautes « n'ont pas grand-chose à faire » et les voyages sont « bien plus confortables », pointe Erik Seedhouse.

Comme Dragon, Starliner doit être réutilisable. Malgré les retards accumulés par Boeing, Steve Stich, haut responsable à la Nasa, a souligné le caractère exceptionnel de cette nouvelle ère : « Nous avons eu six (de ces vaisseaux) dans l'histoire, et deux d'entre eux en quatre ans, c'est vraiment une grande première ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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