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La Russie compte mener des exercices nucléaires en réponse aux « menaces » de certains responsables occidentaux

latribune.fr

Publié le 06 mai 2024 à 10:59 - Mis à jour le 06 mai 2024 à 11:00

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné la tenue d'exercices nucléaires « dans un futur proche ».

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné la tenue d'exercices nucléaires « dans un futur proche ».

Maxim Shemetov

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

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Alors qu'Emmanuel Macron n'a, une nouvelle fois, pas exclu l'envoi de troupes occidentales en Ukraine, le président russe a demandé la tenue d'exercices nucléaires avec des troupes situées près du territoire ukrainien. Un entraînement « en réponse aux déclarations provocatrices et menaces de certains responsables occidentaux proférées à l'encontre de la Russie ».

La pression monte encore d'un cran. Le président russe Vladimir Poutine a ordonné la tenue d'exercices nucléaires « dans un futur proche » impliquant notamment des troupes basées près de l'Ukraine, a annoncé ce lundi le ministère de la Défense.

«Au cours de l'exercice, une série de mesures seront prises pour s'entraîner à la préparation et à l'utilisation d'armes nucléaires non stratégiques», a déclaré le ministère dans un communiqué. Il a ajouté que la mesure avait été prise «sur instruction du Commandant en chef suprême des forces armées de la Fédération de Russie», c'est-à-dire Vladimir Poutine.

L'exercice impliquera l'aviation, la marine et des forces du district militaire Sud, qui est basé tout près de l'Ukraine et couvre notamment des régions ukrainiennes dont Moscou revendique l'annexion. La date et le lieu de ces exercices n'ont pas été précisés.

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Une « réponseaux déclarations provocatrices et menaces de certains responsables occidentaux»

Cet entraînement vise à « maintenir la préparation » de l'armée pour protéger le pays, a ajouté le ministère et sont une réponse aux propos de « représentants occidentaux », dont le président français Emmanuel Macron, concernant le possible envoi de « soldats de l'Otan » en Ukraine, a expliqué le Kremlin. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov,

Ces dirigeants ont « parlé de la volonté et même de l'intention d'envoyer des contingents armés en Ukraine, c'est-à-dire de placer des soldats de l'Otan face à l'armée russe », a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Interrogé par l'AFP sur la question, il a affirmé qu'il s'agissait des propos de « M. Macron », de « représentants britanniques » et d'un « représentant du Sénat américain, si je ne me trompe pas ». Avant d'ajouter qu'il s'agissait d'un « nouveau cycle d'escalade de la tension », dénonçant la « rhétorique très dangereuse » du président français.

Pour rappel, Emmanuel Macron a récemment réaffirmé que l'envoi de troupes occidentales au sol n'était pas exclu si Moscou perçait « les lignes de front » ukrainiennes, lors d'un entretien accordé au journal britannique The Economist.

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« Si les Russes devaient aller percer les lignes de front, s'il y avait une demande ukrainienne - ce qui n'est pas le cas aujourd'hui - on devrait légitimement se poser la question »,a-t-il notamment déclaré.

Le président français avait déjà évoqué l'idée d'envoyer des troupes européennes en Ukraine, courant février. Une annonce qui avait fait beaucoup parler sur la scène internationale. La plupart des pays européens, ainsi que les États-Unis, s'étaient alors nettement démarqués de ses propos, même si certains ont depuis fait un pas en sa direction face à la poussé russe sur le front est.

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Précédentes fois

Ce n'est pourtant pas la première fois que Moscou mène de tels exercices. En octobre 2023, la Russie avait déjà annoncé que Vladimir Poutine avait supervisé des tirs de missiles balistiques lors de manœuvres militaires visant à simuler une « frappe nucléaire massive » de riposte par Moscou. Lors de ces exercices, un missile balistique intercontinental de type « Iars » avait été tiré depuis le cosmodrome de Plessetsk, dans le nord de la Russie, et un autre missile balistique Sineva depuis un sous-marin en mer de Barents.

Leur tenue avait été rendue publique le jour même où la chambre haute du Parlement russe, le Conseil de la Fédération, avait approuvé la révocation de la ratification du Traité d'interdiction des essais nucléaires (TICEN).

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Doctrine nucléaire russe

Depuis le début du conflit en Ukraine en février 2022, le président russe a soufflé le chaud et le froid sur un possible recours à l'arme nucléaire. La Russie a aussi déployé durant l'été 2023 des armes nucléaires tactiques au Bélarus, son plus proche allié et voisin de l'Union européenne.

Courant mars, dans un entretien accordé à la télévision russe, le président a vanté l'armement nucléaire de son pays. Il est même allé jusqu'à le juger « plus avancé » que celui des Etats-Unis et assure que son arsenal était toujours « prêt » à une guerre nucléaire. Pour rappel, la Russie et les Etats-Unis sont les deux plus grandes puissances nucléaires du monde, les deux pays contrôlant plus de 90% des armes nucléaires au niveau mondial.

Néanmoins, la doctrine nucléaire russe prévoit un recours « strictement défensif » à l'arme atomique, en cas d'attaque de la Russie avec des armes de destruction massive ou en cas d'agression avec des armes conventionnelles « menaçant l'existence même de l'État ».

Mais le ton est encore monté lorsque le président polonais a déclaré courant avril que son pays était « prêt » à accueillir l'arme nucléaire sur son territoire si l'Otan, dont la Pologne est membre, décidait de renforcer son flanc Est, face au déploiement par la Russie de nouvelles armes à Kaliningrad et au Bélarus voisins. La réaction de la Russie ne s'est pas faite attendre. « Les militaires analyseront bien sûr la situation et, dans tous les cas, prendront toutes les mesures de rétorsion nécessaires pour garantir notre sécurité », avait alors déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

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Dissuasion nucléaire

Plus largement en Europe, la question de la dissuasion nucléaire revient au centre du jeu, d'autant que la France est désormais, après le Brexit, le seul pays de l'Union européenne à être doté de l'arme nucléaire. Le dialogue sur les questions de sécurité se poursuit cependant avec Londres, notamment au sein de la Communauté politique européenne (CPE), un forum nouvellement créé à l'initiative du président français.

Lors d'une visite en Suède en janvier, Emmanuel Macron avait ainsi réaffirmé qu'elle avait à ce titre « une responsabilité particulière », d'autant plus que les « intérêts vitaux » français susceptibles d'être défendus par cette dissuasion nucléaire « sont en partie essentiellement européens ».

Dans son grand discours sur l'Europe fin avril à la Sorbonne, le chef de l'Etat français a également annoncé son intention d'ouvrir, avec les partenaires européens, des discussions pour bâtir un « concept stratégique » de « défense européenne crédible ». Dans ce contexte, « la dissuasion nucléaire est en effet au cœur de la stratégie de défense française. Elle est donc par essence un élément incontournable de la défense du continent européen », avait-il déclaré, reprenant des aspects d'un discours-clé sur la dissuasion prononcé en février 2020.

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Six morts près de Belgorod

Une frappe ukrainienne de drones explosifs dans le petit village de Beriozovka, dans la région russe de Belgorod, a par ailleurs fait au moins six morts et 35 blessés, selon le gouverneur Viatcheslav Gladkov. Deux petits camions « qui transportaient des employés vers leur lieu de travail, et une voiture ont été attaquées par l'armée ukrainienne à l'aide de drones kamikazes », a détaillé le responsable sur Telegram.

Un homme se trouve dans « un état grave », a précisé Gladkov, tandis que les autres personnes, blessées « plus ou moins gravement par des éclats d'obus », ont été transportées « vers des centres médicaux de la région ». Selon les autorités régionales, les véhicules touchés appartenaient à une entreprise locale de production de viande.

La région de Belgorod est régulièrement visée par des attaques de l'armée ukrainienne, Kiev disant agir ainsi en réponse aux bombardements quotidiens des forces russes sur les villes d'Ukraine, depuis plus de deux ans. Le 30 décembre 2023, la ville de Belgorod, capitale de la région éponyme et située à 60 km du village de Beriozovka, a été frappée par l'attaque la plus meurtrière sur le sol russe depuis l'offensive de Moscou contre son voisin ukrainien en février 2022 (25 morts et une centaine de blessés).

Cette nouvelle attaque ukrainienne intervient à la veille de l'investiture au Kremlin de Vladimir Poutine, qui entamera officiellement mardi un cinquième mandat de président, et trois jours avant les célébrations du 9 mai sur la victoire soviétique contre l'Allemagne nazie. Une partie de ces festivités, qui attirent généralement de grandes foules partout dans le pays, a été annulée par les autorités pour des raisons sécuritaires liées notamment au conflit en Ukraine.

(Avec AFP)

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