Le Sénat a dressé un bilan particulièrement sombre du mandat de Bruno Le Maire aux manettes du ministère de l'Economie pendant sept ans. À quelques jours de la présentation du budget, les sénateurs ont mis le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, sous pression, lors d'un débat consacré à la dette.La tension monte d'un cran dans les couloirs de Bercy. À quelques jours de la présentation du budget 2025, prévue jeudi en Conseil des ministres, le gouvernement doit faire ses derniers arbitrages pour le projet de loi de finances 2025 (PLF) et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Une réunion interministérielle était d'ailleurs prévue ce mardi, pour prendre en compte les remarques du Conseil d'Etat.
Dans cette dernière ligne droite, le ministre des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, a affronté la pression des sénateurs, lors d'un débat consacré à la croissance de la dette tricolore, en présence du rapporteur général du budget, Jean-François Husson (LR).
«Il nous faut impérativement et immédiatement enclencher un effort substantiel de redressement de nos comptes publics, sans doute le plus important effort de redressement que notre pays ait connu», a déclaré Laurent Saint Martin au Palais du Luxembourg.
« La France se retrouvera-t-elle au bord du gouffre ?, s'est interrogée Florence Blatrix, sénatrice socialiste. L'illusion d'une bonne tenue des comptes publics s'est dissipée ».
Une hausse de la dette portée par une hausse de la dépense
Revenant sur le quinquennat précédent, Laurent Saint-Martin a pointé du doigt la hausse de la dépense publique dans l'envolée de la dette. « C'est donc d'abord et prioritairement par la réduction de la dépense que devra passer le redressement », estime l'ancien rapporteur du budget. Pour rappel, le gouvernement Barnier a d'ores et déjà annoncé 60 milliards d'euros de redressement - répartis en 40 milliards d'euros d'économies et 20 milliards d'euros de hausses d'impôts.