Discours de François Bayrou : « Le compte n'y est pas », tacle le PS
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Boris Vallaud n'a pas précisé si le PS votera la motion de censure jeudi. (Photo d'illustration)
Sarah Meyssonnier
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Boris Vallaud n'a pas précisé si le PS votera la motion de censure jeudi. (Photo d'illustration)
Sarah Meyssonnier
Pour François Bayrou, le moment était très important. Ce mardi, le Premier ministre s'est exprimé à l'Assemblée nationale pour sa déclaration de politique générale. Le locataire de Matignon est resté une heure et demie à la tribune. Malgré ce discours particulièrement long, le Béarnais n'est pas entré dans le détail des mesures, se contentant de dresser des constats généraux.
Sur le budget, par exemple, il n'a évoqué aucune piste concrète sur de potentielles hausses d'impôts, pourtant discutées depuis plusieurs jours à Bercy. Ce refus d'entrer dans le cœur des sujets n'a pas échappé à Cyrielle Chatelain. « Atterrée » par un « discours indigent », la cheffe de file des députés écologistes au Palais Bourbon a immédiatement annoncé que le groupe écologiste et social votera la censure jeudi contre le gouvernement. La motion qui sera ouverte au scrutin a été déposée par La France insoumise.
« L'écologie, c'est 158 mots au bout d'une heure et quart de discours (...). Dans deux jours, nous voterons la censure », a-t-elle averti. Chez les communistes, c'est aussi la déception qui prévalait à l'issue du discours du Premier ministre. « Même si on ne s'attendait pas à grand-chose, nous avons quand même été déçus », a réagi le député PCF Stéphane Peu. « C'est d'un changement majeur de cap politique dont notre pays a besoin », a-t-il martelé.
Après des semaines de négociations à Matignon et à Bercy, le Parti socialiste était scruté de toute part. Malgré un accord de non-censure tout proche d'être finalisé ce matin, le discours de politique générale de François Bayrou n'a, semble-t-il, pas convaincu le parti à la rose. « Monsieur le Premier ministre, où sont vos engagements ? », a scandé le président du groupe socialiste, Boris Vallaud, à la tribune. Pour le PS, « le compte n'y est pas.» Si le parti accepte de nouvelles discussions sur les retraites, « notre objectif demeure l'abrogation », a poursuivi le député des Landres, refusant l'hypothèse de revenir « à la loi antérieure » s'il n'y a pas d'accord trouvé avec les partenaires sociaux. « Nous demandons que cela revienne devant l'Assemblée nationale », a t'il ajouté en référence à l'absence de vote sur la réforme des retraites en 2022.
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Par la suite, Boris Vallaud a interrogé le Premier ministre sur les mesures proposées par le Parti socialiste à Bercy comme le « projet de contribution sur les hauts patrimoines », « l'augmentation du taux de la taxe sur les transactions financières », « l'augmentation des dépenses de l'assurance maladie, en particulier de l'hôpital public » ou encore « l'annulation de la suppression des 4.000 postes dans l'éducation ».
De leur côté, Les Républicains, inquiets, en amont du discours, des tractations de Bercy avec la gauche sont apaisés en voyant l'absence d'abrogation de la réforme des retraites. À la tribune de l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez a donc pu assurer de son soutien François Bayrou et le reste du gouvernement. Il a ainsi promis de ne pas voter la motion de censure déposée par la France insoumise, ni d'en déposer une.
Cependant le soutien du parti de droite, présent au gouvernement, reste « exigeant », selon les mots du président du groupe La droite républicaine à l'Assemblée, rejoint avec les mêmes termes par Sylvain Berrios du groupe Horizons. Le patron des Républicains à l'Assemblée a demandé au Premier ministre un référendum pour conditionner l'accès aux prestations sociales des étrangers. Parmi les autres réactions de Laurent Wauquiez, ce dernier propose la suppression du droit du sol à Mayotte, sujet qui « reste ouvert », selon le discours de politique générale de François Bayrou. Il s'est également opposé à l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives.
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A la tribune, face à l'hémicycle, pour représenter le Rassemblement national, ce n'était pas Marine Le Pen, président du groupe, mais le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy. Fustigeant le macronisme, l'orateur, faisant référence à la « débureaucratisation » voulu par François Bayrou, a critiqué un discours « de conférences, de comités, de commissions, de gros machins, de petits bidules qui ne régleront rien » mais pourraient même plutôt « multiplier la bureaucratie que vous avez condamnée ».
Pour le Rassemblement national, cependant, il n'est pas question de censurer le gouvernement jeudi.
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